CE QUE NOUS FERONS POUR ELLE
suppliant dans cette chaire, au nom de la grande œuvre qui nous assemble. Or, le croiriez- vous? à cette œuvre, ce ne sont pas les ouvriers qui manquent, ni ce ne sont pas les dévouements qui font défaut; mais, m'a-t-on dit, les ressources pour les mettre en valeur : « Nous manquons présentement moins de courages que d'argent. »
Ah! je me hâte de le proclamer ici : ce n'est pas votre faute, et votre charité anticipant sur ma prière, a déjà fait à cette plainte une magnifique réponse. Je la trouve digne de vous dans cette somme de près de 190.000 francs que vous envoyez chaque année à l'œuvre, et qui, à cet égard, place votre diocèse de Cambrai au second rang, après Lyon, entre tous ceux de France. Aussi bien, mon premier devoir et le plus doux est-il de vous en remercier et bénir. Et je veux que l'honneur en remonte tout d'abord à l'humble offrande populaire du sou hebdomadaire, cette obole du pauvre et de la veuve qui fructifie sous le regard bénissant du Seigneur.
Mais puisque déplus en plus grand est le nombre des missionnaires qui demandent à partir, il ne sera pas dit qu'on trouve plus facilement des hommes pour donner leur sang que d'autres leur argent. Et après le sou de cuivre, c'est au sou d'or que je fais appel pour de plus grands besoins et de plus larges conquêtes.
Il y a 1 aumône de la cotisation ; mais il y a aussi celle de la fondation de bourses pour l'entretien à vie d'un ou plusieurs missionnaires personnel-
Jement adoptés par vous. Mes Frères, quand, il y a trente ans, la Rome pontificale a été menacée, assiégée par la Révolution, vous avez envoyé à son secours de courageux volontaires, que vous prîtes à votre solde pour la défense du Saint-Siège. C'est à votre solde aussi, ou à celle de votre famille, que je vous demande de prendre tel ou tel de ces apôtres et évangélistes, choisis entre ceux partant de votre pays, issus de votre race. Elle est, cette race, depuis longtemps, en particulière considération pour l'œuvre des missions. N'est-ce pas d'elle que saint François Xavier écrivait à son père Ignace : « Mitte mihi Belgas, envoyez-nous des Relges. »
Il m'est arrivé parfois d'entendre de généreux chrétiens me dire dans un élan de zèle leur regret de ne s'être pas faits missionnaires. Il en est temps encore : je leur propose de se donner un remplaçant aux missions. Naguère la loi française permettait aux familles, dont le fils ne pouvait servir sous les drapeaux, de lui substituer à leurs frais un engagé volontaire, qui devenait « son homme ». Ayez votre homme sous les drapeaux de Jésus- Christ. Assurez-vous, à ce prix, une part à ses travaux et à ses sacrifices, pour vous assurer ainsi une part à sa couronne.
Troisièmement l'Association vous demande de prier chaque jour pour les missions et les missionnaires. La prière, honorée des faveurs spirituelles du Saint-Siège, a sa place d'honneur dans