VIERGE FIDÈLE
sont évangélisés. » L'évidence des choses le disait à tous les yeux, car l'on n'avait pas encore trouvé le secret de nier l'évidence; à cela il n'y avait qu'une réponse unanime, la réponse de la foi et de l'action de grâces.
Fidèle à la cité chrétienne aux jours de sa naissance, aux jours de sa puissance, Marie le fut encore aux jours de sa souffrance. N'est-elle pas la Vierge du Calvaire? Avec le xvi^ siècle, s'ouvrent pour vous des jours de formidables combats. Ils sont tristement célèbres parmi vous ces ravages des Gueux mettant tout à feu et à sang, d'Anvers jusqu'à Tournai, renversant ou saccageant plus de quatre cents égUses en moins de dix jours, ayant juré d'abolir, d'exterminer d'une fois la religion catholique. Ils sont célèbres aussi les héroïques efforts de vos pères pour repousser l'ennemi de leur Reine céleste. C'est elle qui les armait, c'est de sa Collégiale de Saint- Pierre que partait la résistance, et les secours de la terre avec le secours du Ciel. Ah! vous citez, vous glorifiez le nom d'une femme, Jeanne Maillotte qui, à la tête des confrères de Saint-Sébastien, repoussait de vos remparts l'invasion des Hurlus, comme vous nommiez les Huguenots. Mais, ne voyezvous pas cette autre Libératrice qui, du haut des Cieux et d'une main plus sûre, repousse ou éloigne vos ennemis et les ennemis de son Fils? 0 Lillois qui avez mis en Elle votre force, c'est avec raison que vous avez écrit sur les portes de votre ville : (( Soyez, Vierge et Mère de Dieu, la sauve-
garde de ce lieu! » Les Gueux arriveront à vos portes, mais ils n'entreront pas, une voix leur a dit comme aux flots de l'Océan : tu n'iras pas plus loin! et << de toute cette tempête, disent vos historiens, Lille ne connut que le bruit ».
Après le loup, le renard. Je nomme ainsi le Jansénisme qui, de votre voisinage d'Ypres et de Louvain, son berceau historique, veut se glisser jusqu'à vous. Ce froid retour à la loi de crainte en veut spécialement à la Mère du Bel Amour. Qui le croirait? L'hérésie trouve un appui jusque sur le siège épiscopal de Tournai, votre diocèse d'alors. Des libelles impies pullulent contre le culte de votre Mère, à l'ombre de cette connivence ou de cette protection. Qui vous défendra, chrétiens, contre votre défenseur qui oublie ses devoirs? C'est à Marie elle-même à prendre sa cause en main. Elle fait parler les miracles. Elle fait même témoigner l'enfer en sa faveur, et les démons qu'elle chasse du corps des possédés proclament la toute-puissance de la Souveraine de Lille : ad honorem beatissirnœ virginis Mariae Cancellatœ.
N'est-il pas vrai, mes Frères? Marie a bien le droit de le dire : « Posiierunt me custodem civitatis siiœ; ils m'ont établie la gardienne de leur ville. Elle a été bien gardée. Que le passé leur soit le garant de l'avenir, ma protection répondra à leur fidélité. »
Eh bieu! nous lui serons fidèles. Maintenant donc, ayant vu comment Marie fut Mère et protectrice pour cette cité de Lille, voyons comment,