EN SON CONGRÈS A LILLE : L'ACCUEIL
plus tard sera celui, non éloigné peut-être, où le monopole de TÉtat, affranchi de toute concurrence , laissera librement couler sur la jeunesse émancipée et toute à lui le débordement fangeux, sans limites ni digues, de ses doctrines et de ses mœurs. Ce sera effroyable, Messieurs : on en peut déjà juger. Mais c'est alors aussi qu'on se souviendra : on se souviendra du collège chrétien! On comparera, on regrettera; et vous comparant et vous regrettant, on vous rappellera.
Ah! ce qui vous rappellera, ce ne sera pas la voix du gouvernement enlisé dans l'anarchie de ses instituteurs. Ce sera la voix de la nature, irréductible celle-là; la voix du sang, celle des familles honnêtes, celle des pères et mères outrés, indignés, et rougissants devant l'abjection des doctrines et l'ignominie des choses. C'est sur cette poussée victorieuse, inéluctable, de l'opinion, que je compte davantage pour faire brèche au monopole; et par cette brèche tôt ou tard, la liberté rentrera.
Messieurs, ces espérances qui sont aussi des prières, tout à l'heure, au divin Sacrifice auquel vous me fîtes l'honneur d'assister, je les plaçai sous le patronage du Saint dont nous célébrons aujourd'hui la fête, saint Joseph de Calasanta, un des illustres patrons de l'École chrétienne. Telles sont les mémorables et graves circonstances, et tels sont aussi les auspices sacrés sous lesquels s'inaugure la trentième réunion de l'Alliance que
M. le Président vient d'ouvrir. Vous l'appellerez, [Messieurs : « La réunion de Lille ». Lille s'en honorera, et son Université en est fière.
n. — l'adieu.