EN SON CONGRES A LTLLE : L'ADIEU
sonne de M. le Pro-Recteur et de M. le Vice-Recteur, ailes de large envergure, comme vous l'avez pu voir. Ils ont le vol de l'esprit, celui aussi de la parole : vous les avez entendus. En définitive, Messieurs, vous n'avez rien à regretter; moi seul y ai perdu.
Cher iMonsieur le Supérieur, grâces à Dieu, non seulement vous n'êtes pas ici un étranger, mais déjà nous vous sommes unis par de chères et précieuses attaches. Vous êtes nôtre, depuis le jour où Monseigneur notre vénéré Archevêque de Cambrai s'en fut à Dax y jouir de votre hospitalité de prêtre et d'ami, et demander sa guérison à ces eaux bienfaisantes qu'il me semble voir encore fumantes, dans leur bassin de marbre sur la place de votre ville. Combien chaleureux aussi et bienfaisant lui fut votre accueil! C'était bien plus vivifiant pour lui que les eaux chaudes! On dit qu'il y a des âmes exquises de qui le contact est guérissant. Si notre grand et bien-aimé malade eût pu être guéri, c'est là, près de vous, qu'il eût dû l'être. Il se sentait déjà mieux : le diocèse entier vous en est reconnaissant, Monsieur le Supérieur. Et quand, avant de vous quitter, le vénéré malade, embrassant son cher hôte de Notre-Dame de Dax, le nomma chanoine honoraire de son Église métropolitaine de Cambrai, ce fut notre dette à tous, autant que la sienne, ([u'il lui paya. En vous nommant son fils, il nous donnait un frère.
Je me souviens d'un autre lien, et celui-là également de prix. Je pense à Ms^ Delannoy, évêque d'Aire et de Dax, précédemment curé-doyen de Saint- André, de Lille. C'était chez vous le bon pasteur par excellence, n'est-ce pas? Pour l'Université, c'était le meilleur des pères, nous assistant, nous servant, nous honorant de sa bienfaisante amitié. Je ne sépare pas de lui M. l'abbé Serrurier, son vicaire général, un des nôtres aussi, un homme de Dieu. iVIe permettezvous. Monsieur le Supérieur, d'associer désormais votre nom à ces deux noms, inoubUables, inoubliés.
Enfin, Monsieur le Supérieur, vous nous venez du pays de saint Vincent de Paul. C'est de Dax qu'un matin d'octobre 1861, je me rendais à Pouy, par vos champs de maïs,
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pour y célébrer la messe dans Téglise de son baptême, visiter sa pauvre maison de pavsan, et m'asseoir un moment à Tombre de ce grand chêne, image de cet autre plus grand arbre, celui de sa charité, dont les branches ont couvert l'univers tout entier!
Ce grand homme de Dieu et grand homme de bien est celui qui écrivait un jour : « Il faut aimer Dieu et notre prochain à la force de nos bras et à la sueur de nos fronts. » Messieurs, voulez-vous que nous nous aimions ainsi, en travaillant ensemble et en nous aidant les uns les autres? Je n"ai pas de meilleur adieu à vous offrir, ni de meilleure espérance à saluer, en finissant. Fiat! Fiat!