‹ Œuvres saintesChapitre 90 sur 96 · L'EXPULSION : SOUVENEZ- VOUS · texte numérisé non relu

L'EXPULSION : SOUVENEZ- VOUS

la dédie à Jésus-Christ, à la Jeunesse, à la Patrie et à V Église; curisto-regi, juventuti, patrlï;, ECCLESi^. Ces quatre mots placés là pour dire à qui sait lire qui vous êtes et à qui vous êtes, vous distingueront à jamais de vos envieux devenus vos juges et vos persécuteurs. Soyez-en fiers, mes enfants, méritez-les toujours et ne les oubliez jamais !

L'assemblée était encore frémissante de sa parole, quand M. le Supérieur la convia à se rendre à la chapelle, pour le Parce Domine, et l'adieu, l'A-Dieu ! Le vaste vaisseau se remplit pour la dernière fois. Je cherche à me représenter l'impression de ces chers anciens, quand alors cette chapelle leur apparut, dans la majesté de ses proportions, et l'éloquence de ses souvenirs ! Car pour eux ces pierres parlent, elles chantent, elles prient. 0 jour inoubliable de notre première communion! Divin autel, Table sainte, Sancluaire embaumé, serments sacrés, paroles enflammées, cortège ému des pères et des mères sans nombre suivant leurs fils à la même Table divine ! Mais qui donc peut habiter là, sinon de jeunes chrétiens? Si d'autres y faisaient irruption, Jésus-Christ ne s'armerait-il pas d'un fouet comme il fit contre ceux qui du Temple faisaient une caverne de voleurs?

Quand nous résolûmes, en 1885, de la faire construire, nous nous adressâmes à vos familles. J'allai de porte en porte et je me fis mendiant

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auprès d'elles. Elles donnèrent généreusement : c'était pour Dieu et pour vous! Cette église fut donnée par elles; donnée à Dieu, donnée à vous! Il y règne dans son Tabernacle; et, au-dessus encore par son image. Quand je quittai Saint- Joseph, pour mon adieu, je fis ériger, dans le sanctuaire, au-dessus de l'autel, la haute verrière à mes armes, représentant le Christ en croix, entre sa Mère et son Disciple, pour que de là, chère Famille, le Seigneur vous contemplât, vous protégeât, et vous bénît! Aujourd'hui, qui donc sera là, sur ces bancs, pour appeler et recevoir sa bénédiction ? Et sur quelles têtes tomberait-elle? Sans doute le crucifié pria son Père pour ses bourreaux. Mais de ceux-là du moins il pouvait dire à son Père : « Ils ne savent pas ce qu'ils font! »

Après le Parce Do?nine, le Tabernacle s'ouvrit pour la dernière fois. Il demeurera vide, comme au Vendredi Saint, vide pour combien de temps!... Le prêtre en habit de ville descendit les marches du Sanctuaire; il portait l'Hostie divine sur son cœur. Il franchit le seuil du Collège : Conmmynatum est, c'en était fait. Deux ou trois mille fidèles le précédaient dehors, lui formant cortège jusqu'à l'église du Sacré-Cœur. Soudain, toutes ces voix entonnèrent le Credo. Tout le quartier en retentit. N'a-t-il pas aussi retenti dans vos cœurs? Certes oui, et je viens vous répéter encore : De cette profession publique, intrépide,

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