‹ Œuvres saintesChapitre 91 sur 96 · L'EXPULSION : SOUVENEZ-YOUS · texte numérisé non relu

L'EXPULSION : SOUVENEZ-YOUS

de votre foi, de cet hommage solennel rendu par vos pères et par vous à Jésus-Christ dans son divin Sacrement, Souvenez-vous!

Tout ce dramatique épisode de Todieiise persécution devait avoir son épilogue devant les tribunaux. Les manifestants furent arrêtés et traduits en correclionnelle, sous la prévention de quel délit? Le croiriez-vous? A la vue de leur collège, leur maison, leur propriété, envahis par les hommes de proie, les intéressés et leurs fds avaient eu la scélératesse de crier : Aux voleurs! Or, ce furent eux, les plaignants, eux les volés qui furent arrêtés, écroués, jugés, et non pas les autres ! N'est- il pas vrai qu'il y a quelque chose de changé au Prétoire? De nobles paroles y furent dites, et de fermes vérités affirmées, du côté de la défense. Un père de famille de neuf enfants, lui-même ancien élève du collège, puis son courageux avocat, puis un des membres les plus éminents du barreau, un vétéran de Tordre, fort de ses cinquante années de souvenirs judiciaires, vinrent tour à tour s'étonner de la nouveauté du spectacle, disant que, cette loi, ils ne la comprenaient pas, et déclarer qu'ils la tenaient en principe comme nulle, comme étant en contradiction avec la loi naturelle, divine et éternelle. Ce principe est le vrai : vous le retiendrez, mes enfants!

Comme vous le pensez bien, je ne puis oublier deux de vos condisciples qui comparurent à cette

barre, où vous savez que tous deux firent bonne contenance et très fîère figure. Certes, ils auraient eu le droit de réclamer contre cette nuit de prison préventive qui venait de leur être odieusement infligée. Mais non, ils en sortirent, comme ils y étaient entrés, avec l'allégresse des premiers confesseurs de la foi : Ibant gaudentes. Et qui donc, je vous le demande, parmi ceux qui les aiment, pourrait leur en vouloir de porter, dans leurs jeunes cœurs « ces haines vigoureuses, que le mal met au sein des âmes vertueuses? »

Aucune voix n'aura donc manqué à la protestation du côté de la terre. Et crovez-vous, mes enfants, que le Ciel lui aussi ne s'en soit pas ému? Les vénérables et saints fondateurs du Collège, qui ne sont plus de ce monde, mais qui nous demeurent, présents invisiblement, n'ont-ils pas porté devant Dieu leur protestation? Quels hommes c'étaient! Je pense à ce grand patriarche de l'éducation chrétienne, le R. P. Pillon. Je pense à ce vrai saint de Dieu que nous avons tous admiré et vénéré, le Père Préfet par excellence, le R. P. Sengler! Croyez-vous que là-haut, ils ne prient pas pour nous? Et tant de jeunes et pieux jeunes gens moissonnés dans leur fleur, et pour qui le Collège fut le vestibule du Paradis! Ne vous semble-t-il que leurs âmes émues planent ici, priantes, au-dessus de nos tètes? Je me souviens de l'un d'eux, et non des moins brillants, André Malapert de Peux qui, près de mourir, se

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