‹ Œuvres saintesChapitre 92 sur 96 · LE REFUGE : N.-D. DE LA TREILLE · texte numérisé non relu

LE REFUGE : N.-D. DE LA TREILLE

rappelant Texpulsion de 1880, dont il avait été un des témoins et des victimes, disait dans son délire, comme s'il répondait à des agresseurs invisibles : « Respectez mon uniforme, celui de mon collège! Voyez l'habit que je porte ; n'insultez pas ces boutons I » Pauvre cher fils! cet uniforme, qu'il avait si dignement porté, il Temporta dans le cercueil.

Soyez fidèles à votre École. C'est la même école qu'hier, ce sont d'autres propriétaires, mais ce sont les mêmes maîtres, le même esprit, le même enseignement, le même dévouement, et demain, soyez-en surs, ce seront les mêmes succès. Il n'y a de changé que les murs, et s'ils sont plus resserrés, n'y saurez-vous soufi'rir quelque gêne partagée avec Jésus-Christ? C'est afiaire de cœur : qui l'aime le suive! De plus, c'est affaire d'honneur, la désertion de votre part serait la trahison. N'allez pas faire le jeu de l'ennemi, car, sachezle bien : il est encore plus votre ennemi que le nôtre. Je ne dis donc pas seulement : ici est le devoir, et ici est l'honneur. Je pense à vos âmes, et j'ajoute : prenez garde, ici est le salut.

Soyez fidèles à Dieu. Vous êtes l'École de Dieu en face de l'École sans Dieu. Vous demeurerez plus que jamais attachés à son service, attachés à sa foi, attachés à sa loi, attachés à sa croix. Vous consolerez son cœur. Dans un temps où les serviteurs de Jésus-Christ ne sont pas le grand nombre, il iaut qu'ils soient une élite. Vous serez cette élite.

Soyez fidèles à Marie. Vous vous appellerez.

l'École de Notre-Dame de la Treille. Soyez-lui des fils comme Jésus, pour qu'elle vous soit mère comme à Jésus. Quand Hérode cherchait l'Enfaiit- Dieu pour le faire mourir, Marie avec Joseph le dérobèrent à ses recherches sanguinaires. Hérode est encore là qui en veut à votre âme. 0 mère de Dieu, soyez aussi notre Mère, Siib tiium praesidium conjugimus , sancta Dei genitrix... Nous nous consacrons à vous, nous nous jetons dans vos bras. On ne tue pas des enfants dans les bras d'une mère.

Soyez fidèles à l'Eglise : elle est une mère, elle aussi. Elle est une mère de douleurs, et les douleurs dont elle soutTre sont celles de tous ses enfants.

Aussi bien, vous avez dans le cœur de l'Église romaine votre place de compatissante tendresse, je le sais. Écoutez cela :

Cette semaine-ci, à Rome, un de nos anciens élèves, de ceux de mon temps, M. Max. Descamps, entretenait le Saint-Père de ce qui se passait ici, du deuil où nous plongeait 1 expulsion de l'ancien Saint-Joseph ; de l'espoir que nous concevions de Notre-Dame de la Treille. Et Pie X, les yeux au ciel et les bras tendus vers vous : « Dites-leur que je les bénis, et hâtez-vous de leur transmettre ma bénédiction. » Or, hier soir, à 6 heures, M. le Supérieur recevait la présente dépêche. Je vous en dois lecture :

Rome, ^26 avril : Reçus ce matin par le Saint- Père , avons demandé et obtenu sa Bénédiction spéciale pour le nouveau Collège et pour vous.

Maxime Descamps.

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