FORMATION DES ÉTAMINES
Ce qui rend plus vraisemblable la présence de la semence mâle dans les pétales, c'est l'analogie des pétales et des étamines. Si l'a-nalogie des autres parties entre elles était aussi apparente, aussi généralement admise, cet essai pourrait passer pour entièrement superflu.
La nature nous montre dans quelque cas comment ce passage s'effectue graduellement, par exemple dans les CANNA et les autres plantes de la même famille. Un pétale ordinaire, sans altération no-table de formes, se rétrécit à sa partie supérieure et devient une anthère à laquelle le reste du pétale sert de filet. Dans les fleurs qui doublent fréquemment, nous pouvons obser-ver ce passage à tous les degrés. Dans plusieurs espèces de Roses, on trouve au milieu de pétales entièrement formés et colorés, d'au-tres pélales rétrécis soit au milieu, soit latéralement. Ce rétrécisse-ment est formé par un léger renflement plus ou moins semblable à une anthère; le reste de la feuille prend graduellement l'apparence d'un filet. Dans certains Pavots doubles, les anthères bien formées sont attachées sur les pétales à peine modifiés de la corolle; sur d'autres, certains boursoufflements analogues aux anthères rétrécis-sent les bords des pétales1.
Lorsque toutes les étamines se transforment en pétales, les fleurs deviennent stériles. Mais si quelques étamines se forment, bien que la fleur ait doublé, la fructification sera possible. Ainsi se produisentles étamines, lorsque les organes quenous avons vu se développer en pétales se rapprochent de nouveau et se rétré-- 1. Des faits semblables s'observent très-fréquemment chez les Nymphna, sur les boutons de Camellias, etc. nous les avons étudiés dans des fleurs très-mo-difiées du Narciitut spectabilis, du Itltododendi «« ponliaum; et M. Duchartre en a signalé un rare et remarquable exemple dans les fleurs monstrueuses des Pommes de terre. (Voir Bulletin de la Société botanique de France, 1861, t. VIII, p. 453.) cissent pour réaliser une forme plus parfaite. La remarque faite plus haut trouve donc encore sa confirmation; elle nous rendra plus attentifs à cette force d'expansion et de contraction au moyen de laquelle la nature arrive enfin à son but.