FORMATION DE LA COROLLE
une plus grande expansion. Ordinairement les feuilles de la corolle sont plus développées que les feuilles du calice, et on peut dire que les organes réunis dans le calice, sous l'influence des sucs modifiés pat le calice lui-même, s'épanouissent en un organe nouveau et spé-cial, la corolle. L'organisation, la couleur, l'odeur de cette corolle auraient rendu son origine entièrement méconnaissable, si nous n'avions surpris la nature sur le fait dans plusieurs cas extraordi-naires.
On trouve quelquefois au dedans du calice de l'œillet un second calice vert ressemblant à un calice monophylle, mais, qui, par ses contours lacérés plus délicats et colorés, paraît comme l'ébauche d'une corolle naissante. C'est un exemple bien clair de l'affinité du calice et de la corolle.
L'affinité de la corolle et des feuilles caulinaires se montre dans plus d'une circonstance. Dans certaines plantes les feuilles de la tige se colorent plus ou moins avant la floraison, d'autres se colorent complétement à l'instant de la formation des fleurs'. Quelquefois la nature, sans passer par l'intermédiaire du calice, forme immédiatement la corolle, et dans ce cas nous avons l'occasion d'observer le changement des feuilles caulinaires en pétales. Ainsi, dans les Tulipes, on voit souvent des feuilles entièrement colorées qui rappellent les pétales. Un cas plus remarquable encore est celui d'un pétale moitié vert et adhérent au rameau, moitié coloré et dirigé vers les fleurs; c'est une feuille séparée en deux parties dis-tinctes.
C'est une opinion très-vraisemblable d'admettre que la couleur et l'odeur des pétales sont dues à la présence du pollen. Probable-ment il ne s'y trouve pas encore séparé, mais mélangé et délayé avec d'autres sucs les belles variétés de couleurs que nous observons con-duisent à penser que la matière remplissant le tissu des feuilles est déjà très-pure, elle atteindrait une pureté parfaite lorsque l'organe parait blanc ou incolore 8. « 1. 11 s'agit surtout des bractées; leur coloration est très-remarquable dans les Salcia splendens et involiierata, le Bougainvillea spectalilis, le Billbergia pyramidalis le Nidularium splendens et quelques autres espèces. 2. Aucun fait ne justifie les hypothèses de Goethe; elles sont même con-traires à l'enseignement de la physiologie végétale.