QUELQUES OBSERVATIONS SUR LES ÉTAMINES
Les observations microscopiques ont mis hors de doute que les organes sexuels des végétaux sont produits comme les autres parties par des vaisseaux spiraux. C'est là un argument en faveur de l'iden-tité des parties qui nous sont jusqu'ici apparues avec des formes si variées.
Comme les trachées sont disposées au milieu des vaisseaux nour-riciers, on pourra se représenter en quelque sorte cette contraction énergique en songeant que les trachées, véritables filaments élas-tiques, ont atteint leur plus haut degré de tension; qu'ainsi ils do-minent les vaisseaux séveux et en empêchent l'épanouissement. Comme les faisceaux vasculaires ne peuvent plus s'étendre, ils ne se recherchent plus pour ainsi dire et ne forment plus de réseaux anastomotiques; les vaisseaux tubuleux qui remplissaient les mailles du réseau ne peuvent plus se développer, toutes ces circonstances qui favorisaient l'épanouissement des feuilles caulinaires du calice et de la corolle n'existant plus, il se produit un filet grêle et délicat. C'est à peine si les membranes de l'anthère, entre lesquelles se terminent les extrémités des vaisseaux, peuvent arriver à se former. Considérons maintenant que ces mêmes vaisseaux qui tout à l'heure se développaient en s'anastomosant, se trouvent dans un haut degré de contraction, que nous lés voyons produire une poussière fécon-dante parfaitement élaborée, et dont les propriétés actives compen-sent le développement des vaisseaux producteurs; réfléchissons aux conditions dans lesquelles cette poussière, devenue libre, recherche les organes féminins placés dans le voisinage, s'y attache et leur transmet son influence; alors nous ne serons pas éloignés d'appeler l'union des deux sexes une anastomose idéale, et nous pourrons, au moins pour le moment, rapprocher l'un de l'autre les faits de reproduction et de végétation.
La matière sécrétée par l'anthère nous apparaît comme une poussière très-fine les grains de cette poussière nous semblent des cellules remplies d'un fluide subtil. Nous partageons entièrement l'opinion d'après laquelle le fluide pollinique est absorbé par le pistil auquel les grains s'attachent; c'est ainsi que s'opère la fécondation. Cette manière de voir est d'autant plus vraisemblable que quelques plantes ne sécrètent pas de poussière, mais seulement un liquide. Signalons ici le suc mielleux des nectaires dont l'analogie parait incontestable avec le suc des globules polliniques. Peut-être les nectaires ne sont-ils que des organes préparatoires, peut-être leur suc est-il absorbé par les anthères qui le purifient et l'élaborent? C'est une opinion d'autant plus probable que ce suc disparaît après la fécondation.
Remarquons en passant que les filets et les anthères se soudent de diverses manières et nous offrent de remarquables exemples des adhérences que nous avons plus d'une fois signalées entre. les par-ties végétales entièrement distinctes dès leur origine.