VERTÈBRES. LION. CASTOR. DROMADAIRE
Caractères, Très déterminées Formes mal cir- Vertèbres dorsales considéra- dans leurs formes, cha- conscrites et sans courtes et serrées, les tions gêné- que division est évi- proportions,comme cervicales allongées raies. dente et isolée; les gra- celles de l'animal. comme les autres ex--
dations sont insensi- trémités de l'animal.
bles, bien que très-mar--
quées.
Du col. Masses latérales dé- En général faibles. Atlas petit proportion--
veloppées. nellement.
1 Cavités glénoïdes pro- Toutes deux gran- Prolongements laté-- Atlas. fondes. des proportionnel- raux étroits, bien pro--
lement. portionnés.
2 Apophyse épineuse
Axis. élevée, processus laté-
raux postérieurs étroits Excessivement longs.
et dirigés en arrière.
3 Indication d'apophy- L'apophyse épi- 3, 4, 5. Vertèbres di--
ses latérales elles exis- neuse est soudée minuant en longueur,
tent à partir de la troi- avec le prolonge- angmentant en force.
sième vertèbre. Les pro- ment dorsal de Point d'apophyses épi--
4 cessus latéraux offrent l'axis. neuses, mais des sail--
en bas et en avant un lies rugueuses à inser--
appendice aplati cet tions tendineuses, ar--
appendice, surtout mar- rondies à la cinquième.
5 qué vers la sixième ver- Processus latéraux an--
tèbre, disparait vers la Les quatre der- térieurs, longs, dirigés
septième, dont le pro- nières vertèbres en bas, d'abord pointus;
6 cessus latéral est dévié sont faibles, leurs ils deviennent plus lar--
d'un côté. Toutes les apophyses épineu- ges en haut et en bas,
apophyses épineuses ses sont spongieu- descendentsouslespro--
des dernières vertèbres ses. cessus latéraux posté--
sont déviées latérale- rieurs, et forment l'a--
7 ment. pophyse ailée de la
sixième; cet os court
et puissant est pourvu
d'une large apophyse
comme dentée. La sep--
tième vertèbre plus
petite, offre un prolon--
gement en forme rie
lamelle 1. SammtlicheWerke, XXVII, 190. Ce fragment du tableau de Goethe suffira pour donner une idée de sa méthode et des avantages qu'elle peut offrir aux ana-tomistes. L'innombrable quantité de faits que les observateurs accumulent rendrait bientôt la science impossible si de judicieux esprits ne faisaient comme Goethe, des efforts pour éclairer ce chaos par les lumières d'une intelligente méthode. Des observations exactes, quelques découvertes importantes, des vues originales sur l'analogie des pièces osseuses, et des règles pour la déterminer, enfin, l'invention d'une ingénieuse méthode, tels sont les mérites que nous avons déjà signalés dans les écrits anatomiques de Goethe; il en est d'autres d'un ordre plus élevé, car ils touchent aux lois de l'anatomie philo-sophique.
Nous avons déjà indiqué le principe des connexions que Goethe et Geoffroy Saint-Hilaire ont également introduit dans la science, nous insisterons maintenant surune autre vue géné-rale qui n'a pas échappé à la sagacité du poëte, bien qu'il l'ait as-sociée aux conceptions bizarres que lui inspirait la philosophie de l'époque; nous voulons parler de la loi du balancement des organes, qui fut aussi une des vues originales de Geoffroy Saint-- Hilaire. Goethe expose ainsi cette loi à propos de l'application qu'il essaye de faire d'un type général à des êtres individuels
« Les organes d'un animal, dit-il, leurs rapports, leurs propriétés en déterminent les conditions d'existence; de là, la manière de vivre variable, et cependant conforme à une loi, de chaque genre et de chaque espèce animale.
« Si nous considérons d'après l'idée du type général, les animaux appelés mammifères nous trouvons que la nature est limitée dans' ses créations, bien que, en raison du nombre des parties et de leurs modifications extrêmes les formes soient comme diversifiées à l'infini.
«Si nous étudions attentivement un animal, nous découvrirons que cette variabilité des formes provient de ce que telle ou telle partie l'emporte sur une autre; c'est ainsi que le col et les extrémi-tés sont développés chez la girafe, tandis que l'inverse a lieu chez la taupe.
c Cette considération nous conduit à formuler la loi suivante au-cune partie ne peut augmenter sans qu'une autre partie ne perde de son volume, et réciproquement. Telles sont les limites dans lesquelles la force plastique se joue d'une manière bizarre.et arbitraire, sans qu'elle puisse ni dépasser, ni franchir le cercle fatal. Les chapitres du budget qui doit régler les dépenses de la nature sont fixés d'a-vance, mais elle est libre, dans certaines limites, de répartir ses dépenses comme il lui plait; si elle veut dépenser davantage d'un côté, elle ne rencontre pas d'obstacles, mais elle est forcée de se restreindre sur un autre point c'est ainsi que la nature ne peut ja-mais ni s'endetter ni faire faillite.
Goethe continue, en appuyant sur l'autorité des faits, à dé-velopper ces considérations élevées « Pour rendre palpable, dit-il, cette idée d'un rapport rigoureux entre les additions et les soustractions de la nature choisissons quelques exemples Le serpent occupe un rang élevé parmi les êtres organisés; sa tête distincte, offre un organe appendiculaire complet, une mâchoire dont les pièces sont réunies sur la ligne mé-diane mais le corps est en quelque sorte sans limites, parce qu'il n'y a ni matière, ni force dépensées pour la production de membres accessoires. Que ceux-ci viennent à se montrer dans un autre orga-nisme ? qu'ils apparaissent par exemple dans le lézard, sous forme de membres antérieurs et postérieurs très-courts, alors le prolongement du crâne s'arrête, et la longueur du corps se trouve réduite.
« Le développement des membres abdominaux chez la grenouille, réduit également le corps à des dimensions relativement assez faibles. Chez le crapeau difforme les mêmes circonstances déterminent l'élargissement du crâne »
Il est curieux de rapprocher de cette page de Goethe le pas-sage dans lequel Geoffroy Saint-Hilaire exprime la même idée « S'il arrive, dit-il, qu'un organe prenne un accroissement extraordinaire, l'influence en devient sensible sur les parties voisines qui, dès lors, ne parviennent plus à leur développe-ment habituel; mais toutes ne sont pas moins bien conservées, quoique dans un degré de petitesse qui les laisse souvent sans utilité; elles deviennent comme autant de rudiments qui témoi-gnent en quelque sorte de la permanence du plan général 8. » 1. Sammtliche Werke, XXVII, p. 206 et 207.