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Traduction, V, 371, etc

2. Traduction, V, p. 518. J) est utile de rappeler ici que Goethe a dirigé pen-dant plusieurs années le jardin Botanique de Weimar; il a même composé une dissertation sur la culture des plantes dans cet établissement.

TROISIÈME PARTJE.

Goethe, représente par le personnage d'Ottilie, une jeune fi] le aimable et sensible que les harmonies de la nature ont vivement impressionnée. Voici quelques sens des traits sous lesquels il nous peint ce caractère séduisant.

« Nous ne devrions connaitre de la nature, écrit Ottilie, que les objets qui vivent autour, et tout auprès de nous; nous avons un vrai rapport avec les arbres qui verdissent, fleurissent, fructifient autour de nous, avec l'arbrisseau près duquel nous passons, avec chaque brin d'herbe sur lequel nous marchons; ils sont nos vérita-bles compatriotes.

« Il n'est de naturaliste digne d'estime que celui qui sait nous peindre et nous représenter l'objet le plus étranger, le plus singulier, avec sa localité, avec tout son voisinage, toujours dans son propre élément. Que j'aimerais à entendre, au moins une fois, Humboldt racontant ses voyages

« Un cabinet d'histoire naturelle peut nous paraître comme une sépulture égyptienne, où l'on voit rangées et embaumées les divines bêtes et plantes idolâtrées. Il sied bien à une caste sacerdotale de s'en occuper dans un demi-jour mystérieux, mais ces choses devraient d'autant moins prendre place dans l'enseignement général, qu'elles en écartent aisément de plus intéressantes, et qui nous touchent de plus près »

Il serait à souhaiter que les sages réflexions d'Ottilie ne fussent pas tout à fait perdues pour nous. Nos galeries, nos herbiers, nos armoires vitrées ne sont guère propres à inspirer l'amour de la nature, ni même à la faire comprendre. On étudie mal lavie dans les collections où règne la mort. Des peaux de mammifères ou d'oiseaux empaillés, des insectes méthodiquement rangés dans des boites, des cristaux brisés, voilà tout ce qu'aperçoit le curieux, l'ignorant qui veut s'instruire, dans ces édifices pompeusement décorés du nom de muséums. Partout la vie est absente, partout le plan de la nature est brisé. Qu'on suive le conseil d'Ottilie; qu'on nous montre les animaux dans le rôle et à la place où Dieu les a mis. Qu'on nous fasse voir le ver à soie sur le mûrier, le chêne ou le ricin; qu'on en présente les développements qu'on en étale les admirables produits. Que d'habiles préparateurs nous montrent les abeilles ouvrières 1. Traduction, V, p. 511. travaillant à la construction des gâteaux ou des alvéoles, les cochenilles fixées aux feuilles du nopal; que des dispositions du même genre accompagnent chaque groupe d'animaux ou de plantes; nous n'aurons plus alors devant les yeux de vaines appa-rences, mais des réalités qui feront naître en nous de salutaires réflexions.

La peinture, la sculpture, l'histoire naturelle pourraient aussi s'unir pour nous donner une idée des productions de chaque climat, et réaliser les descriptions des savants explorateurs des contrées luintaines. Ces galeries, que la science et l'art pourraient aujourd'hui si facilement créer, serviraient à propager le goût des sciences et l'amour de la nature.

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