PASSAGE DU VÉGÉTAL A L'ÉTAT DE FLEUR
Le passage du végétal à l'état de fleur est brusque ou graduel. Dans ce dernier cas, nous remarquons ordinairement que les feuilles caulinaires se resserrent de la périphérie au centre, que le nombre de leurs découpures diminue, qu'elles s'élargissent plus ou moins à leur point d'adhérence avec la tige; celle-ci, bien que les entre-noeuds ne s'allongent pas toujours, devient néanmoins plus grêle et plus délicate.
On a observé qu'une nourriture abondante retarde la floraison, tandis qu'une nourriture plus modérée l'accélère. Cette remarque met en évidence la puissance attribuée plus haut aux feuilles cauli-naires tant qu'il reste des sucs grossiers à épurer, la plante doit développer autant que possible tous les organes qui peuvent con-courir à cette opération nécessaire. Si la nourriture est trop abon-dante, cette opération doit se renouveler, et la floraison devient impossible; si l'on prive les plantes de cet excès de nourriture, on aide et on favorise l'oeuvre de la nature; les organes des nœuds vi-taux s'achèvent, l'effet des fluides épurés est plus certain, plus ra-pide, la transformation des parties, devenue possible, s'accomplit désormais sans retard'.
1. Un très-grand nombre de faits viennent à l'appui des considérations pré-sentées par Goethe, et prouvent qu'il est possible de déterminer, comme à vo-lonté, la production de fleurs et de fruits en ralentissant une végétation trop vigoureuse et trop rapide. Si la plante est jeune, si elle est placée dans un sol stérile, si elle est transplantée ou dépouillée de ses fleurs, si elle est soumise à l'opération de l'incision annulaire, elle portera plus abondamment des fleurs et des fruits. Les horticulteurs ont tous les jours recours à ces procédés; ils savent bien que la mise à fleurs et à fruits dépend à la fois et d'un ralentissement dans la végétation, et de la présence d'une quantité suffisante de matière nu-tritive susceptible d'être lentement élaborée (Consulter, pour plus de dévelop-pements, Théorie de l'Horticulture par Lindley,. traduction française de Le-maire, Paris, 1841 p. 70, etc.)