‹ Œuvres sociales de W.E. ChanningChapitre 4 sur 30 · XXXII · texte numérisé non relu

XXXII

fatal à la société. Dans tout être humain Dieu a mis un souffle immortel, plus précieux que toute la création, Il n’y a pas de langage ni de la terre ni du ciel qui puisse exagérer la valeur d’un homme. Qu’importe l’obscurité de sa condition! La pensée, la raison, la conscience, la capacité de l’amour chrétien, une destinée immortelle, une liaison intime avec Dieu, ce sont là des attributs de notre commune humanité devant lesquels toute distinction extérieure est insignifiante, et qui rendent toute créature infiniment chère à son auteur. Qu’importe l’ignorance de l’individu? Sa perfectibilité l’allie aux plus instruits de sa race, et met à sa disposition l’intelligence et le bonheur des sphères plus élevées. Tout homme a en soi le germe de la plus grande idée de l’univers, l’idée de Dieu ; développer cette idée c’est la fin de son existence. Tout homme a dans son cœur les éléments de cette loi divine, immortelle, à laquelle obéit toute la création; tout homme a l’idée du devoir, et la vie lui a été donnée pour développer, respecter, pratiquer cette idée. Tout homme sait ce que signifie le nom de vérité ; c'est, il le voit, quoiqu'à travers un nuage, le grand objet de l’intelligence divine comme de l’intelligence créée, et il est capable d’acquérir de la vérité une connaissance qui s’agrandit chaque jour. Tout homme a des affections faites pour se purifier et s’étendre en un sublime amour. Il a aussi l’idée du bonheur, et une soif de félicité que rien ne peut étancher. Telle est notre nature ; partout où nous voyons un homme, nous voyons un possesseur de ces grandes facultés. Est-ce que Dieu a fait un être de cette espèce pour qu’un autre en dispose comme d’un arbre ou d’un animal? Est-il évident que l’homme a été créé

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