‹ Œuvres spirituelles choisies de Jérôme Savonarole, des Frères PrêcheursChapitre 18 sur 71 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Personne ne peut être sauvé sans Tamour de Jésus.

Établissons d'abord cette vérité sur Tautorité de la sainte Ecriture, comme sur un fondement inébranlable.

Notre-Seigneur a dit : Celui qui ne m* aime pas, n'obsei've pas mes commandements, ( Joan. xiv, 24.) Il a dit encore : Si quelqu'un entend mes paroles et ne les met pas en pratique , je ne le juge point. (Id. xii, 47.) Et il a ajouté : Ce sera la doctrine que j'ai annoncée qui le jugera au dernier jour, (Id., XII, 48.) Ainsi celui qui n'aime pas Jésus, n'observe pas ses commandements , et celui qui n'observe pas ses commandements sera damné. Donc quiconque n'aime pas Jésus sera damné.

L'apôtre saint Paul dit encore dans le dernier chapitre de la première épître aux Corinthiens (v. 22) : Si quelqu^un n'aime pas Jésus, qu*il soit anatkéme. Comme s*il avait dit : Celui qui n'aime pas Jésus jusqu'à la mort , sera excommunié au jour du jugement, éloigné de la compagnie des bienheureux et condamné à l'enfer avec les pécheurs.

Je pourrais citer d'autres textes innombrables des saints Livres et des Docteurs. Contentons-nous de ceux-là pour être bref.

La raison de cette vérité est évidente. Il suffit de con-

42 caapfBSS sviftiTCJiLLEfi

sidérer que notre l^nhéur eonsi«te dans la vision et l'amour de la divine Maje&té, et dans ia joie inénarrable qui les accompagne. Mais que voyons-nous dans la nature? Nous voyons qu'un corps ne peut recevoir une modification quelconque sans une disposition et une proportion préalables. Ainsi , la lumière ne saurait pénétrer les corps opaques, tandis qu'elle pénétre aisément Teau, l'air, etc.; de même, le feu ne pénètre le bois vert qu'après l'avoir disposé en TéchaufFant. Or, Dieu étant infini, et toute créature finie, l'intelligence de l'homme ne serait jamais capable de contempler une Majesté si resplendissante, si Dieu ne lui en donnait les moyens dans une autre lumière gurpaturelle, Cette lumière est celle de la gr^ce que la charité a^compftgae toujours, car l'une ne peut jamais êjtre sans l'autre, sebn l'enseignement de saint Thoiioas (et de tpus }es docteurs. Celui-là dom qui n'a pas TamoMir de Jésus-Christ, c'est-à-dire la charité, n'a point Ija grâce m lui ; quiconque n'ft point la grÂqe de Dieu est incapable de voir son esseno»! puisque son intelligenee est trop faible poup contempler une tella splendeur; et quiconque ne peut voir l'essenjce divine ne saurait être heureux, car être heureux c'est voir Dieu faee à face.

Prouvons enfin cette vérité par des exemples. Les princes, les généraux récompensent les soldats qui aiTron* tent les fatigues et les périls de la guerre* parce qu'ils leur sont dévoués. Ils honorent et récompensent particu*lièremeijt iceux qui combattent avec bravoure, animés par l'amour, et non p^r la crainte ou le gain. Quant aux autres , ils leur portent simplement l'intérêt qui lei|r est dû. C'est ainsi que Dieu et notre Sauveur Jésus -Christ regardent comme dignes de la vie éternelle ceux qui les aiment de tout leur cœur, qui travaillent à leur gloire et

pralî<pieiït la r^rki par amour, et non par e^pw àê fai réaoïfxfm^i on par craiot^ du cbUj^^ent GeU «st d'«»<tant p^iu» vrai que Dieu n'a aucun Jb^soin dd oone e^ de 003 aeryîce«f il lâst donc mmksi^ qm p^m^m m peut être mwi

Page 1