CHAPITRE II
J.' amour de JégusHCJirist est plus suave que tou3 les pWwrs du monde.
C'est là une vérité qu'il mu» faut démontrer, papee que des hommea inexpérimentée dans les voies de Dieu poui* raient i^roire qu'il est très ** pénible de persévérer dans Tamour de Jésus. Et pour ne pas parier en Pair nooa citerons premièrement la sainte Écriture.
Notre-Seigneur disait à la Samaritaine : Quiconque Imra de Vesu de ce pu4t$ iera encore altéré, mais quiconque boira de Veau que je lui donnerai, n'aura plus jamais soif, (Joan., IV, 13,) D'après Tinterprétation des saints docteurs, Teau de ce puits représente les plaisirs du monde, qui, loin de rassasier le coeur, ne font que l'exciter et le troubler davantage. Mais Teau que donne Jésus^brist, c'est>érdira la grâce, principe de la charité et de toute doueeur spirituelle, désaltère i jamais celui qui le reçoit ; car il ne désire plus rien que Dieu. Ces paroles révèlent la grande différence qu'il y a entre les voluptés charnelles et les
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joies spirituelles. Celles-là portent le trouble dans Tâme; celles-ci lui font trouver le repos, non point dans les choses temporelles, mais dans le souverain bien, et l'espérance qu'elle engendre fait tressaillir Tâme d'un bonheur inexprimable. Aussi Notre-Seigneur ajoutait : Et cette eau deviendra pour Vâme une source de vie, de délices spirituelles qui dissiperont toutes ses peines , et la feront bondir avec allégresse vers la vie éternelle.
Après la sainte Écriture nous pouvons invoquer le témoignage de la raison. Les joies dont l'amour de Jésus est le principe sont des joies spirituelles au plus haut degré, parce qu'elles ont pour objet Dieu, Esprit suprême. Or les joies spirituelles sont beaucoup plus grandes que les plaisirs sensuels. Elles sont plus conformes à la nature de rhomme; elles perfectionnent l'intelligence, qui, étant la plus noble*de nos facultés, peut recevoir des jouissances très-supérieures à celles des sens; enfin, elles sont plus capables que les choses sensibles de rassasier le cœur humain. Cela est vrai surtout de Dieu, notre souverain bien y qui contient en lui-même toute perfection. Si donc la contemplation de la nature rend plus heureux que la volupté, si l'amour de la science ravit le cœur humain au point qu'un grand nombre de philosophes ont renoncé pour l'acquérir à tous les plaisirs du monde, quelle joie ne doit-on pas trouver dans la contemplation et l'amour de la première vérité, le Christ Jésus? Elle est d'une telle nature et d'une telle intensité que celui-là seul qui l'a goûtée peut la comprendre. Ah! quand le doux et tendre Jésus se répand dans le cœur qui l'aime et le recherche véritablement, il fait briller dans son intelligence une si grande lumière, il allume de telles flammes dans la volonté et lui fait sentir si vivement les effets de sa bonté et
de sa présence, qu*il Télève au-dessus de lui-même. Souvent Tâme est pénétrée d'une telle tendresse, que son émotion se communique à tous ses sens , et qu'elle se prend à verser de douces larmes; elle éprouve un tel désir des choses de Téternité qu'elle ne fait plus cas des choses de la terre, et que, s'oubliant elle-même, elle vit désormais comme séparée du corps et entièrement absorbée par Tesprit. Il est vrai que ce privilège n'est accordé qu'à un petit nombre. Mais le prophète n'en a pas moins dit : Il $e r^ùuira, dans sa germinoHon, des gouttes de rosée. (Ps. LXiv, 12.) Ceux qui commencent leur printemps spirituel n'auront point sans doute une telle abondance de consolations, mais ils en recevront quelques gouttes qui feront leur joie et leur bonheur.
Prouvons encore cette vérité par des exemples. On voit des hommes quitter le monde et se retirer dans la solitude pour mener une vie austère. Rester seul dans les forêts et les déserts, les rend infiniment plus heureux que tous les plaisirs du monde; abandonner cette solitude serait pour eux le comble du malheur. C'est ce que nous voyons également tous les jours dans les cloîtres. Quand un religieux commence à goûter les joies de TEsprit-Saint, il se plaît à vivre à l'écart et renonce aussitôt à toutes les consolations humaines; ce qui ne pourrait avoir lieu, s'il n'éprouvait intérieurement une consolation plus grande que celle qu'il fuit. Mais qu'est-ce que cette consolation spirituelle , ce repos de l'esprit , cette paix , cette douceur, cette joie, ce transport, ce tressaillement, cet amour, ce désir ardent, cette ivresse céleste et incessante, cette félicité éternelle? Si on peut lui donner d'autres appellations, je ne crois pas qu'il soit possible de l'expliquer ou de la comprendre, comme il convient, autrement que par l'expérience.
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Qu'il nom «ufBae pour le moment d'avoir montré que l'amour d« Jésus -Christ donne des forces incomparable^ rneot supérii^ures à tous le^ plaisirs du mond9.