‹ Œuvres spirituelles choisies de Jérôme Savonarole, des Frères PrêcheursChapitre 9 sur 71 · PRÉFACE XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XVII

les travaux de l'enseignement et de la prédication, et peu après sa deuxième arrivée à Florence , où il ne tarda pas à prêcher tous les jours penda^it plusieurs années, le gouvernement du couvent et de la congrégation de Saint -Marc, en qualité de prieur et de vicaire général ; les entretiens fréquents avec lés citoyens et les magistrats qui venaient le consulter sur les afifaires privées ou publiques ; enfin la correspondance avec les personnages qui recouraient, de divers points de l'Italie, à ses lumières et à sa charité. Qu'on juge, après cela, du peu de temps qui lui restait pour composer, bien qu'il ne dormît que quatre heures, au rapport de ses premiers biographes. On sait , d'ailleurs, qu'il mourut avant d'avoir atteint sa quarante - sixième année.

D'une étonnante activité, d'un zèle infatigable, il trouva néanmoins le moyen d'écrire, outre les ouvrages mentionnés, de nombreux commentaires sur la sainte Écriture, dont malheureusement plusieurs ne sont pas arrivés jusqu'à nous , et divers traités , dont quelques-uns assez considérables, sur la vie chrétienne et sur la vie religieuse, tombées, à son époque, dans une lamentable décadence.

« Il a composé, dit Dupin*, un nombre prodigieux d'ouvrages moraux, spirituels et ascétiques. Ils

1 Nouvelle Bibliothèque, etc., tom. XII, xv« siècle.

XYlli PRÉFACE

sont pleins d'onction et de maximes de piété ; il y parle librement contre les yices et y enseigne la morale la plus pure et la plus relevée. » Déjà Muratori leur avait rendu le même hommage, en disant dans le tome IX® de ses Annales d'Italie « qu'ils étaient d!une onction admirable et respiraient une odeur exquise de sain^ teté ». Ses œuvres ascétiques furent la lecture favorite de plusieurs saints ou bienheureux, entre autres de sainte Catherine de Ricci et de saint Philippe de Néri , de leurs fils et de leurs filles, de leurs disciples et de toute cette forte race de chrétiens qu'on appelait les Piagnoni.

Voici à quelle occasion Savonarole fut amené à les écrire et à les publier.

Dès les premiers jours de son apostolat, des âmes ramenées à Dieu ou animées, par son ardente parole, d'un vif désir d'une perfection plus haute, s'empressèrent de se mettre sous sa direction; elles lui demandèrent bientôt de leur donner une règle de vie. chrétienne, et d'écrire en leur faveur quelques traités courts et substantiels. Puis ce fut le tour des religieux et des religieuses, élevés ou réformés par ses soins. Jérôme ne dédaigna point d'accueillir favorablement leurs voeux; il ne s'y refusa que lorsqu'il fut convaincu qu'il n'y avait plus de nécessité ou d'utilité. Il écrivait aux reUgieuses du monastère d'Annalena*,

^ Voir pag. 151 et suiv.

Page 1