‹ Œuvres spirituelles du P. Judde (volume 2)Chapitre 19 sur 116 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

Pœgardez-le , et ne vous lassez point de le regarder. Un coup d'oeil en a fortifié , soutenu , consolé mille autres. Ne perdez point de vue cet objet , que vous ne vous sentiez affermi.

C'est là mon Dieu , je le crois ; et je le vois autant ou plus peiné que moi. C'est le bien - aimé de Dieu. Dieu ne me hait donc pas ; tout n'est donc pas perdu, quoique je sois dans le trouble et dans la peine. C'est le bras de Dieu , la force de Dieu. L'hysope peut être ébranlé où le cèdre a paru avoir de la peine à se soutenir. Mais c'est pour me revêtir de sa force que le Fils de Dieu s'est réduit à mes faiblesses. Ce sang qui coule de toutes les parties de son corps , est le remède à toutes mes fragilités.

A Dieu ne plaise donc que je me désespère. C'est pour mériter les grâces propres de mon état que le Sauveur s'est réduit à un état pareil : attaché à lui, plus ferme que la montagne de Sion, je ne serai jamais ébranlé.

SECOND POINT

Ou Jésus-Christ va chercher du soulagement dans peines intérieures.

Dans Dieu , auprès de Dieu , et nulle part ailleurs.

l.°Il laisse la multitude de ses disciples à l'entrée du jardin. A quoi bon tant de témoins et tant de confidens de nos peines ? C'est les fatiguer , les incommoder ; ils ont leurs croix comme nous ; si ce n'est aujourd'hui , c'est une autre fois ; ce n'est pas là nous soulager. Après quelques momens de suspension et d'épanchementaveQ euX) on revient à soi-

même , peiné comme auparavant , et chargé des remords de plusieurs fautes nouvelles.

2.° Jésus - Christ mène avec lui trois disciples ; dans ses peines intérieures , on peut aller à quelque ami d'élite : Donnez-moi conseil et priez pour moi , je vous conjure. Ce n'est là que chercher Dieu dans l'homme ; mais c'est chercher le monde que d'aller à des amis imparfaits. Pourquoi aussi en faites-vous tant p vous diront-ils ; quittez cette grande exactitude ; vous ne pourrez jamais soutenir ce genre de vie si bizarre et si outré. Tel est leur langage ; c'est tout ce qu'on peut attendre de leur imperfection.

3.° Au bout d'un moment, Jésus-Christ les quitte, ces trois amis mêmes.

La consolation prise d'abord d'ans la vue de Dieu, pourrait devenir naturelle , si elle durait trop longtemps ; revenons donc vite à Dieu.

4.' Mais sa prière , quelle était - elle ? Prosterné contre terre , ou pour marquer mieux son profond respect , ou parce qu'il n'avait plus la force de se soutenir : Mon Père , disait-il , si cela se peut, que ce calice soit loin de moi ; cependant que votre volonté se fasse , et non pas la mienne.

Le beau sentiment ! qu'il est digne du Fils de Dieu, et des imitateurs du Fils de Dieu ! Non , rien n'est plus divin que tant de répugnances à souffrir , avec tant de résignation. Si Jésus - Christ eut paru avoir moins de peine à se soumettre , nous eussions dit : Je ne puis l'imiter. Maintenant , gémissons , répandons notre cœur devant Dieu ; ce n'est point un crime ; mais écoutons bien ce qu'il nous dira ,

et soyons fidèles a l'exécuter Sa prière fut une

prière courte. Quelque affligés que nous soyons ,

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