TROISIEME PARTIE
eussions-nous l'ame sur le bord des lèvres , nous en pouvons dire autant. Prière répétée aussi long-temps que dure la peine. On n'obtient rien que par la persévérance.
Prière tendre. Mon Père ; ah ! il est notre père , quoiqu'il nous afflige. Qu'il agisse donc en liberté; je ne crains que les coups d'un juge irrité.
Prière conditionnelle. Délivrez - moi , si cela se peut , si vous le jugez à propos. S'il parlait à un autre qu'à un père , il dirait absolument : Délivrezmoi de la mort. Mon Père voit tout , il peut tout , et il m'aime (1).
Tous tant que nous sommes , ah ! combien souvent , dans la suite de la vie , aurons - nous besoin de pratiquer ces importantes leçons î
Allons à Dieu , on y trouve tout ; mais , encore une fois , n'allons qu'à Dieu , ou à des hommes de Dieu.
TROISIÈME POINT
Quel soulagement Jésus - Christ trouva dans ses peines intérieures.
Beaucoup de la part de Dieu à qui il avait eu recours ; nul soulagement de la part des hommes ■ mais aussi il n'avait pas mis son espérance en eux!
Son Père lui envoie donc un ange : est-ce qu'il sera délivré de la mort ? Non ; mais il passera par tous les tourmens, et il mourra sans se plaindre et sans donner la moindre marque d'impatience. Souffrir ainsi , n'est-ce pas plus que mourir ?
Vérité de foi. A de ferventes prières , toujours est (î) Sœviat quantum vult ; Pater est.
accordé ou ce que l'on demande, ou quelque chose
de meilleur. Cela est vrai , ou Dieu n'aurait pas exaucé son propre Fils. Mais le Fils s'est cru exaucé , et il ne lui reste plus , en effet , ni crainte , ni agitation , ni tristesse (l ).
Les disciples cependant, ses trois chers disciples , ou fiaient- ils ? Assez près de la. Ils dormaient ; d'abord ils avaient veillé : mais ils s'étaient lassés bientôt. Il n'y a que Dieu qui soit assez tendre pour soutenir long - temps la présence et les plaintes d'un malheureux , et qui , sans se fatiguer , puisse nous consoler long-temps, et nous tenir long-temps compagnie.
Quand on est humilié , disgracié , malade , languissant . tout fuit : le? amis de plaisir et d'intérêt , c'est-à-dire , presque tous les amis, disparaissent , par la raison même que ce sont des amis d'intérêt et de plaisir.
Belle image de leur conduite . exprimée par le Prophète (2 . Ma vie se consume dans la tristesse , et mes années dans les gémissemens. Mon affliction a abattu toute ma force : je suis en horreur a .mes ennemis et a mes voisins , un sujet de crainte à tous ceux qui me connaissent. Ceux qui m'ont vu se sont enfuis de devant moi. Les hommes m'ont oublié, et m'ont effacé de leur mémoire comme ils en effacent les morts. On ne fait non plus d'état de moi que d "'un vase brisé. J'ai ouï les injures que plusieurs me disaient , etc.
Si quelquefois le contraire arrive, s'il est quelque
(i) SuTsitc . eamus. Matth. *6, +0 Queni quœriti; ? Joaru
¥atet Domine s tperavLVi* lo, 12,