‹ Œuvres spirituelles du P. Judde (volume 2)Chapitre 25 sur 116 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

vait nous attirer quelques reproche et quelque sorte de mépris ; qu'on voulut soupçonner que raisons humaines sont entrées dans notre chansfement ; que nous sommes esclaves sans trop le vouloir, mais parce qu'il le faut pour ne point nous attirer quelque autre persécution , ou pour arriver à des fins de vanité ou d'ambition î Laissons penser les hommes ; pourvu que Dieu voie la droiture de notre cœur, cela nous suffit.

Mais non , ce que nous faisons aujourd'hui , on l'attendait il y a long-temps ; on espérait qu'après nous être donnés à Dieu de si bonne grâce, nous reviendrions au bon parti. Glorifiez le Seigneur avec moi (i). A présent, je reconnais véritablement que Dieu a envoyé son ange et qu'il m'a délivré (2). Jusqu'ici, je craignais que ce fut peut-être un songe ; je commence à croire que c'est une réalité , et que cela durera ; je ne désire , je ne demande rien autre chose.

TROISIÈME POINT

Sacrifice sans regret , et qui durera jusqu'à la mort.

Jésus-Christ ne se repentit point de son sacrifice ; il le soutint jusqu'au dernier soupir. Ne pouvait-il pas être tenté de rentrer en liberté, quand il vit l'a bus que ses ennemis faisaient du pouvoir qu'il leur avait donné ? Mais non , l'amour l'avait engagé ; l'amour l'arrêta jusqu'à ce qu'il cessât de vivre. Loin d'échapper à la fureur de ses persécuteurs , il

(i) Mugtuficate Dominum mecum. Ps. 33, 3. (2) Nunc scio verè. quia misa Dominus Angelum suum . et Uheravit me. Act ia. n

176* RETf ÀITE DE TRENTE JOURS.

se laissa atta?ner a (a croix, de quatre grands clous ; il présenta ses bras et ses pieds, sans attendre qu'on lui fit violence. £n vain le sollicita -t -on plusieurs fois d'en descendre ; en vain promit-on qu'à ce miracle la nation se convertirait : nous eussions cru peut-être , qu'il se repentait de nous avoir trop aimés ; et, pour quelques-uns qui se fussent convertis, peut-être mille autres auraient pensé qu'il manquait quelqu; chose à leur parfaite rédemption.

C'est cet assujettissement long et durable qui nous effraie plus que tout le reste. Vivre en croix et y mourir ! Nous osons bien penser , peut-être , que Jésus-Christ ne perdit sa liberté que pendant vingt-quatre heures, sans songer que toute sa vie il perdit la liberté de cette autre manière que (pour maintenant) on demande uniquement de nous.

Mettons-nous donc pour toujours dans les chaînes de la sagesse , et ne nous lassons jamais de les porter (1).

Et comment pourrai-je me détacher de la croix? j'y suis attaché avec Jésus- Christ (2). Qu'il commence a en descendre, et je le suivrai. Enfin , c'est cet assujettissement durable qui nous met dans la parfaite et tranquille liberté. On fait toujours tout ce qu'on veut , quand on est assez maître de soimême pour ne vouloir jamais faire ce qu'il faut.

Nous serons esclaves de nos passions, si nous ne voulons pas l'être du devoir. Ne Pavons-nous pas éprouvé ? n" allions-nous pas, comme malgré nous, Ou nous entraînait la dominante cupidité ? Mille reproches de notre conscience et de notre raison iva-

ffi) lnjice pedetn tuum in compedes illius , etc. Eccli. 6 *5. (a) Christo confixus sum Cruci. Gai. i, 19.

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