‹ Œuvres spirituelles du P. Judde (volume 2)Chapitre 26 sur 116 · TROISIEME PARTIE. j · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE. j

Paient pas la force de nous retenir ; nous disions : Je me rends malheureux, je me perds; mais je ne puis faire autrement : quelle fureur!

Rendons grâces à Dieu ; bénissons Dieu d'avoir eu des chaînes qui nous retinrent dans de certaines saillies ; sans notre engagement solennel , hélas ! que n'eussions-nous point fait, peut-être?

Si la durée de notre esclavage nous gène et nous fatigue, craignons ces chaînes éternelles et redoutables dont la justice de Dieu sait bien fixer toute la vivacité des réprouvés (1).

Non, ce n'est pas trop de menacer de ces éternel les prisons , les âmes lâches que la vue d'un Dieu enchaîné comme un criminel, ne peut retenir dans les liens de la charité. Leur ingratitude le mérite et leur funeste liberté les y conduira : cette liberté mène à tout.

Ne soyons jaloux que de la liberté des enfans de Dieu ; elle commence dés cette vie , et elle ne finit jamais.

Du sacrifice que fit Jésus Christ, au sujet de ses amis.

Jésus-Christ , à ne le regarder que comme homme , étant aussi aimable et aussi capable d'amitié qu'il l'était, ne pouvait manquer d'avoir beaucoup daims. Tout le monde , sans exception, l'aurait

(0 Vmculis œternis sub caligine réservait. Juda. t, 6... Liza-

ti Z7Z et r? f 1r> mittàe — * tG™b™ ***** ;

ibi etitjletits et stndor dentium. Matth. 22 i3.

aimé , si son mérite même et ses grandes qualités n'eussent fait ombrage à plusieurs , et excité leur jalousie et leur envie.

De ce nombre d'amis et de disciples qu'il avait , unie trahit avec la plus noire méchanceté ; presque tous les autres le méconnurent et l'abandonnèrent lâchement ; quelques-uns le suivirent ou se rapprochèrent avant sa mort. Que n eut-il pas à souffrir à l'occasion de ces trois espèces d'amis?

Amis perfides ,

Amis faibles et inconstans,

Amis fidèles et généreux.

Mais il en fit le sacrifice avec le plus grand courage. Voyons et imitons.

PREMIER POINT

que Jésus-Christ souffrit de ses amis perfides.

Un des apôtres, c'est-à-dire, un des meilleurs amis de Jésus-Christ (au moins devait-il l'être, et sans doute qu'il l'avait été pendant quelque temps), Judas fut celui qui le vendit et qui le livra au pouvoir de ses ennemis. Compagnon de sa table , confident de tous ses secrets , témoin de ses grands miracles, honoré de la confiance de son maître , jusqu'à être le dépositaire de tout ce qu'on lui présentait, rien ne put retenir le perfide.

La chose serait-elle croyable et concevable , si nous-mêmes , avec tant de lumières et après tant de faveurs, nous n'étions quelquefois assez ingrats et assez médians pour imiter ce traître , et porter à Jésus-Christ des coups mortels en lui donnant le baiser de paix ; ou si l'histoire du monde ne nous

Page 1