‹ Œuvres spirituelles du P. Judde (volume 2)Chapitre 31 sur 116 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

taient , et qu'ils en revenaient satisfaits. Maître 3 nous savons que vous êtes un homme véritable , et que vous enseignez la voie de Dieu en vérité (1). Dans sa Passion c'est un esprit brouillon , c'est un homme ennemi de la paix et de la tranquillité publique , qui ne cherche qu'à soulever le peuple , etc.

5.° Renommé par son innocence. Qui de vous me convaincra dépêché (2)? Quel défi, quand on l'ose faire à des ennemis tels qu'étaient les pharisiens î Ils l'accusaient d'être un démoniaque , un samaritain : mais jamais rien sur ses mœurs , hormis qu'il rendait visite quelquefois à des pécheurs , et qu'il mangeait avec eux.

Dans sa Passion , on le croit digne de la mort me me , et de la mort entre deux voleurs. Il n'y eu! point dans la Synagogue deux avis là-dessus : tous prononcèrent qu'il était digne de mort (3). // a été mis au rang des malfaiteurs (4).

6.° Renommé par sa piété et sa sainteté. Une morale qu'il pratiquait , et qui n'allait toute qu'à détacher l'homme de ses passions , et à former à Dieu des adorateurs en esprit et en vérité.

Dans sa Passion, ce fut un blasphémateur , un impie , qui osait se faire passer pour Dieu (5).

Et voilà l'estime que notre Dieu a faite de sa ré-

(0 Magister, scimus quia verax es, et viam Dei in veritate doces. Matth. 22 , 16.

(2) Quis ex vohis arguet me de peccato ? Joan. S , 46.

(3) Omnes condemnaverunt eum esse reum mortis. Marc. 14, 64.

(4) Et cum inicjuis reputatus est. Ibid. i5, 28.... Is. 53, 12.

(5) Quid adhuc cgemus testibus ? Ecce nunc audistis blasphe* odam. Matth. 26, 65.

putation , et l'estime qu'il a voulu nous apprendre à faire de la nôtre.

Les saints Font tous méprisée.

l.° Ils savaient que cet entêtement de réputation n'est , dans la vie , qu'un grand tourment , qui ne laisse la liberté dépensera nulle autre chose ; qui trouble l'esprit , qui desséche la dévotion , qui ôte absolument le goût des choses éternelles , et qui tarit la source de toutes les grâces.

2.° Que rien n'est plus bizarre que les jugemens des hommes ; qu'aujourd'hui ils estiment ce qu'ils mépriseront demain, sans autre raison que leur passion et leur inconstance.

3.° Qu'il est ridicule d'ambitionner l'estime de ceux que souvent soi - même on n'estime pas , ou dont on méprise le jugement , comme cela arrive certainement quand on voit qu'ils donnent leur approbation et leurs applaudissemens à d'autres que soi-même l'on méprise.

4." Que ce qui la donne , cette réputation , c'est souvent la brigue , la faveur ; qu il faut mille intrigues , mille bassesses , pour 1 acquérir ; qu'on en fait une espèce de commerce dans le monde , et de trafic honteux : je dirai du bien de vous et de vos amis ; vous en direz de moi pareillement.

5.° Qu elle vient quelquefois d'un heureux assemblage de circonstances où le mérite a la moindre part , et que tel brilla dans son temps , qui serait oublié et méprisé s'il revenait dans le nôtre.

Ils surent tout cela ; mais l'amour-propre ne se rend pas à de semblables raisons ; ils en revinrent uniquement à l'exemple de Jésus Christ, et cela faisait mourir tous leurs préjugés. Ils croyaient indi-

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