QUATRIEME PARTIE
Méditation sur l'état glorieux de Jésus-Christ après sa résurrection.
Ce n'est que pour nous instruire de plus en plus, qu'au lieu de passer du tombeau directement et immédiatement au Ciel, Jésus -Christ voulut rester encore quarante jours sur la terre. Ce qu'il fit, durant cet intervalle, nous apprend ,
1.° Quelle est la vie chrétienne et religieuse que nous devons mener désormais, comme des pénitens sincères et vraiment convertis.
2.° Quelle est la vie apostolique à laquelle doivent se former de véritables ministres de Jésus- Christ.
3." Quelle est la vie glorieuse que nous devons tous attendre , comme de fidèles imitateurs du Sauveur.
PREMIER POINT
Quelle est la vie chrétienne et religieuse que doivent mener des pénitens vraiment convertis. Elle nous est exprimée dans celle de Jésus-Christ ;
il est véritablement ressuscité et il ne mourra pi us ( 1 ) .
l.° Surrexit verè : point donc de feintes , de défi) Surrexîtverè et appariât.... Luc. 24 , 34. Jam non movitur.
Rom. 6. 9.
guisemens. Ne nous flattons pas, ne nous trom-i pons pas nous-mêmes ; nous ne tromperons pas] Dieu. C'est à ses yeux et à son jugement, qu'il faut être ressuscité ; ne sommes-nous plus ce que nous étions ? Le cœur ne tient-il plus à rien contre les lois de Dieu et contre les desseins de sa grâce .J XV a-t-il pas quelque restriction à notre sacrifice, qui doive nous rendre suspectes toutes nos autres résolutions ?
Samuel dans les Ecritures est ressuscité , et il ne Test pas ; à quoi le connaître J A peine quitte t-il sod sépulcre, il parie encore le langage des morts : Demain , dit-il à Saùl, vous et vos enfans serez avec moi dans le tombeau (l), Unhomme véritablement ressuscité n'a plus rien de commun avec les morts . on ne le trouve plus parmi les morts; il vit, il parle, il agit comme les hommes vivans, et il se plait dans leur compagnie ; mais pourquoi chercher parmi les morts celui qui est vivant? il n'est point ici (2). Aimer à être avec les saints, se plaire dans leur conversation, penser, agir, parler comme eux, ou plutôt comme Jésus-Christ, c'est une marque de résurrection; c'en est une autre que d'éprouver dans son ame quelque chose qui paraît dans un corps ressuscité ; plus de facilité, plus d'agilité au service de Dieu, plus de courage à surmonter ce qui s'oppose à la perfection ; moins de sensibilité aux peines qui accompagnent la vertu. On peut, avec bien des répugnances et bien des restes de ses anciennes habitudes , être véritablement changé ; mais le change-
Cras, tu et fdii tui mecum eritis. I. Reg. 28, 19. (2, Quid qucerilis viventei/i cwn mortuis? non est hic. Luc. 24. 3 , 6.