‹ Œuvres spirituelles du P. Judde (volume 2)Chapitre 65 sur 116 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Au temps de la peine , rappelons-nous donc aussi sans cesse le souvenir de ce qui doit en être le prix. Jésus-Christ , la veille de sa mort , se consolait par l'approche du Ciel. Il était bon juge, et de ce qu'il allait souffrir , et de ce qu'il devait attendre ; quoique proche des tourmens excessifs qu'on lui préparait , il ne voulait pas qu'on le plaignît.

Disons tous , et répétons souvent : Oui , si l'on m'aimait et si je m'aimais moi-même , on se réjouirait , et je me réjouirais aussi, quand je souffre (1); quand, pour le salut d'une ame, comme le bon pasteur , je cours , je sue , je parais près de succomber (2). Il n'y a que des infidèles qui puissent penser d'une autre manière , et moi je suis fidèle , par la miséricorde de Dieu.

(( Faites donc bien tout ce que vous faites , con- » clut l'auteur de l'Imitation (3) ; travaillez avec » soin. Ecrivez , lisez , chantez , gémissez, gardez » le silence, priez , supportez patiemment les ad- « versités ; la gloire éternelle mérite d'être achetée » par de pareils combats, et par de plus grands en- » core. Il viendra , ce jour que le Seigneur con- » naît, jour de paix et de récompense. O ! si vous » eussiez vu la gloire dont mes saints sont couron- » nés dans le Ciel ! .... Si vous aviez le bonheur de » goûter ces vérités , et qu'elles fissent sur votre » cœur une forte impression ! . . . . Je règne dans le » Ciel , au milieu de mes saints , qui ont soutenu » tant de combats pendant leur vie. Ils jouissent

(i) Si diligeretis me , gauderetis utiquè , quia uado adPatvem> Joan. ii , 28.

(2) Vadit adillam, donec inventât eam. Luc. i5, 4-

(3) Liv. 3, ch. 47.

)) maintenant d'une joie pure, d'une douce conso- » lation , d'une sécurité inaltérable , d'un repos » éternel (1). »

Ainsi donc , conclut encore saint Paul, mes trèschers frères, soyez toujours fermes et inébranlables dans le service du Seigneur y sachant qu'Usera luimême votre récompense (2).

SECOND POINT

Jésus - Christ dans le Ciel n'a plus aucun bien à désirer.

Ce qu'il demandait à Dieu son Père , est accompli : Et maintenant , mon Père , glorifiez-moi auprès de vous de cette même gloire que j'avais ava?U que le monde fût créé (3).

Le voile qui empêchait les splendeurs desoname de se répandre sur son corps passible , est déchiré pour jamais (4). Tout entier il possède Dieu , et il en est possédé ; il en est aimé , et il l'aime.

La béatitude chrétienne est un assemblage de tous les biens , un rassasiement de toutes les facultés de Thomme spirituel et corporel.

Est-ce à dire qu'on trouve dans le Ciel tous les biens qui excitent et qui contentent notre cupidité ici-bas ? Non ; ce serait le paradis d'Epicure et de Mahomet. L'œil ne saurait voir , ni l'oreille enten-

(i) Age quod agis ; Jîdeliter labora.... Scribe , lege , canta.... O si vidisses Sanctorum in Ccelo coronas ! etc. 1. 3 , c. 47.

(2) Itaquè fratres mei dilecti , stabiles estote et immobiles. I. Cor. i5, 58.

(3; Et nunc clarijica me , tu , Pater. Joaa. i~, 5.

(4j Conscidisti saccum meum , et circumdedisti me lœtitiâ. Ps. «9, la.

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