‹ Œuvres spirituelles du P. Judde (volume 2)Chapitre 80 sur 116 · PREMIÈRE RÈGLE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE RÈGLE

TEXTE

A ceux qui sont dans l'habitude du crime, et qui craignent peu d'ajouter péché sur péché , l'esprit mauvais a coutume de représenter l'image du plaisir avec tout ce qu'il a de douceur et d'attraits , pour les engager plus avant, et les retenir plus fortement dans le désordre. L'esprit bon, au contraire, les tourmente de remords intérieurs, et les détourne du crime par des reproches de conscience,

et par une vive et inquiétante représentation des de voirs qu'ils négligent, et auxquels ils craignent de

s'assujettir.

NOTE

Un homme ne pense guère à se convertir tandis qu'il est content dans son état. Le démon, qui veut la perte du pécheur, ne doit donc lui procurer que du plaisir, autant qu'il en est maître. Un homme qui souffre beaucoup dans son état, pense à en sortir. Dieu qui veut son salut , doit donc semer ses voies d'épines et d'amertumes, le rendre si malheureux dans le vice, qu'il cherche son bonheur ailleurs. Saint Augustin attribue sa conversion à cette conduite de la Providence : Vous punissiez, Seigneur, par des amertumes salutaires, les désordres auxquels je m'étais livré, et votre justice était à la fois sévère et pleine de honte (1).

On doit donc regarder comme de vraies grâces tout ce qui trouble , lorsqu'on est dans le désordre ou dans un état qui mène au désordre. Au contraire, la paix dans le dérangement, est le plus triste effet de la colère de Dieu : Le Seigneur , dans la colère que le pécheur a enflammée , ne le troublera point dans les désordres (2).

(i) Aderas misericorditer sœviens , spargens pœnales amaritudin.es super illicitas cupiditates.

(a) Exacerbait Dominum peccator ; secundcim inultitudinem ira» siue non cjuœret. Ps. g, z5-

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