‹ Œuvres spirituelles du P. Judde (volume 2)Chapitre 97 sur 116 · PREMIÈRE RÈGLE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE RÈGLE

TEXTE

Le principe de Dieu et des bons anges est de répandre, dans l'ame où ils opèrent , une vraie joie spirituelle, et d'enôter le trouble et la tristesse que le démon tâche d'y entretenir. Le démon , au contraire , par une multitude de raisonnemens captieux etséduisans, en cela même qu'ils ont quelque air de vérité , tâche de troubler dans l'ame la paix et la joie qu'il y trouve.

NOTE

Nous supposons que ceux pour qui pimcipalement sont ces secondes règles-ci, sont des personnes véritablement bonnes. Donc , par la seconde des premières règles, le bon esprit ne peut que le pacifier, et le mauvais, les troubler. Ces deux esprits tâchent de s'insinuer dans le cœur par des réflexions et des raisonnemens divers. Mais les réflexions qui viennent du bon esprit sont simples et naturelles. On s'entend soi-même, et l'on se fait aisément entendre. Les réflexions que fait faire le mauvais esprit , sont embarrassantes et embarrassées : c'est que la vérité ne craint point de se montrer avec évidence telle qu'elle est, au lieu que le mensonge a besoin d'artifices et de sophismes pour ne pas se laisser apercevoir. Cette différence se remarque entre deux avocats , deux docteurs , deux auteurs , dont l'un défend une bonne cause , l'autre , une mauvaise ; l'un parle dans le bon sens, dans le sens commun, d'une manière nette et suivie: l'autre ne va jamais droit au but ; il bat la campagne, il sub-

tilise, il chicane, il pointillé, il se perd dans îea lieux communs; il fait bien des tours avant qu'on devine ou il veut aller; il est embarrassé, dès qu'on veut le réduire à parler , à raisonner dans les formes d'une dialectique exacte. La même chose se remarque donc dans les esprits scrupuleux ; rien n'est plus propre à leur faire sentir que ce n'est pas l'esprit de Dieu qui leur suggère la plupart de leurs objections et de leurs difficultés.

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