‹ Œuvres spirituelles du P. Judde (volume 3)Chapitre 8 sur 23 · La règle n'est si difficile que parce qu'on n'en · texte numérisé non relu

La règle n'est si difficile que parce qu'on n'en

(0 Le P. Surin.

(i) «mit. 1. 3 , c. 3r.

(3) Aulpati, oui mon'.... Sainte Thérèse. Non mori , sed pati. Sainte Magdelcin • de Fazzi.

(4) Secura meni quasi juge convivium. Prov. i5, i5. Vincenti duho edeve de li^no v.tce , fjuod est in Parcidiso Dei mei. Apocal,

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prend pas bien l'esprit. L'abnégation de soi-même, et cette continuelle mortification en toutes choses , doivent avoir pour principe une grande affection pour Dieu , un désir généreux de plaire à Dieu , de contenter Dieu.

Or , tout ce qui se fait avec cetle espèce de générosité envers Dieu , avec cetle dilatation d'un cœur touché de ce que Dieu mérite , et humilié de pouvoir si peu faire pour lui, ne coûte rien, ou ne coûte que très-peu de chose. On ne sent pis la difficulté , ou bien on a de la joie de la sentir, et l'on en triomphe par la grâce de celui qui nous a aimés (1).

Voilà le principe de la force d'un homme apostolique. Ah ! je sais bien que ce que je fais, je le fais sans une obligation rigoureuse et sans contrainte : Dieu voudrait bien, peut-être, me souffrir et me pardonner, quand je n'aurais pas cette attention constante à lui faire un sacrifice continuel de tous mes plaisirs, de toutes mes inclinations imparfaites; mais pourrai s-je me le pardonner moi-même ? Est-ce ainsi qu'il m'a traité , et dans l'œuvre de ma rédemption qui lui a tant coûté , et par où il m'a mérité ses bienfaits, a-t-il délibéré, s'esl-il épargné, s'est-il comme repenti d'en avoir trop fait?

Mais il n'en est pas ainsi de ceux qui ne se mortifient que quand la loi l'ordonne , quand il y aurait danger de se perdre, s'ils ne se mortifiaient pas. Toujours incertains s'ils en font assez, ne faisant jamais ce qu'ils font (pue par le motif d'un vil intérêt , ou d'une crainte toute servile ; toujours voyant un Dieu la foudre à la main , prêt à les frapper s'ils

(i) Sed in lus omnibus superamus , propter eum qui dilexit nos. "Rom. 8 3:.

s'échappent; toujours craignant la mort, le jugement , 1 Vnfer : est-ce ainsi que se gagne le cœur de Jésus? On souffre toujours quart d on craint] la charité parfaite bannit la crainte.... Celui qui aime Dieu de tout son cœur , ne craint ni la mort , ni le jugement , ni V enfer (1).

Jetons-nous donc dans cette pratique de l'abnégation universelle et continuelle , et jetons nous-y par générosité et par amour ; nous ne la trouverons plus impossible ; ne nous étonnons point des premières difficultés; l'habitude ne tardera pas à nous les^ rendre plus légères; c'en est assez pour espérer qu'elles deviendront douces à la fin. S'il arrive que de temps en temps, la nature l'emporte, humilionsnous devant Dieu , et reprenons sur l'heure le fil de nos bons désirs, qui s'est trouvé interrompu. Dans nos pesanteurs, dans nos ennuis, dans nos dégoûts, ne cherchons point de consolation auprès de la créature; unissons nous à Jésus-Christ, triste, agonisant, abattu ; il ne nous rejetera pas; il portera le joug avec nous; il en portera la plus grande partie. Venez à moi , vous tous qui êtes fatigués et accablés de fardeaux ; mon joug est doux et léger (2).

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