‹ Œuvres spirituelles du P. JuddeChapitre 124 sur 140 · Au temps des grands jubilés mêmes, l'Eglise · texte numérisé non relu

Au temps des grands jubilés mêmes, l'Eglise

(i) Ista felicibus , qub mihi babiea , epulœ , comdvia , </><■' in Dominion peccavi , et periditor in œternum oerir* 3

p!\?:mleuk partie. 239

dans les bulles ordinaires , ordonne toujours d'imposer aux pénitens des satisfactions convenables et salutaires (1) , deux termes qui disent beaucoup.

2.° Un homme qui ne voudrait rien faire , ou presque rien , sous prétexte qu'il a , ou qu'il aura une indulgence , est-il même assez en état de la gagner ? Avant toutes choses , est - il vraiment pénitent ? A-t-il cette volonté sincère de dédommager Dieu , qui est une partie essentielle de la contrition et de la douleur d'avoir péché ? Car, de dire, je me résous à satisfaire Dieu dans l'autre vie , quand on pense ainsi , on va contre la volonté de Dieu , on s'abuse assurément , et l'on montre bien qu'on ne sait guère ce que c'est que les peines de l'autre vie.

Le débiteur qui mérite des remises, est celui qui fait tout ce qu'il peut pour satisfaire son créancier. Celui qui dirait : Il sera forcé de me remettre ma dette , ne serait digne d'aucune grâce ; il mériterait d'être puni : c'est ajouter l'impudence à la mauvaise foi et au malheur.

Mon Dieu ! je ne cherche point à frauder les droits de votre justice ; je me punirai. Mais qu'aurai -je fait en faisant beaucoup ? Vous suppléerez à mon impuissance ; je l'espère, je le demande ; tous m'appliquerez les mérites des saints et de votre Fils , le saint des saints. Cela ne servira qu'à exciter ma re connaissance , et à animer contre moi - même ma propre ferveur. C'est là penser en vrai fidèle , et parler en vrai pénitent. C'est mériter grâce et plénière indulgence.

(ij C'oiueiu'jJiic* ce sulutares pumileniias.

SECOND POINT

Deuxième raison de faire pénitence, des habitudes peut-être invétérées à corriger.

Qu'avons-nous fait jusqu'ici ? Nous avons retranché les mauvais fruits ; mais le tronc de l'arbre, les branches , les racines , subsistent encore; il faut donc abattre , couper, arracher. Cela se peut - il sans de grands efforts d'abnégation et de mortification ?

Pour obvier donc aux fautes contre l'humilité et contre la dépendance , il faut réprimer en tout et partout les saillies de l'orgueil ; s'étudier à n'avoir plus de volonté propre sur rien ; se rendre, comme un simple enfant , attentif et soumis aux moindres signes de la volonté et de l'inclination de ses supérieurs , séculiers ou réguliers, dépendant même de ses égaux dans toutes les choses qu'ils désirent de nous , pourvu qu'elles soient permises , et qu'il ne nous coûte que de la peine et de l'humiliation à leur rendre service.

Pour prévenir les fautes contre l'esprit de mortification et de pauvreté , faire la guerre à la délicatesse, à la mollesse, à la sensualité ; disputer à l'amour - propre une partie même du nécessaire , lui apprendre à se contenter de peu ; laisser ralentir ces vives envies d'avoir tout ce qu'on voit , ou tout ce que d'autres ont: dans les choses qui dépendent de la volonté d'autrui , ne rien demander que de raisonnable ; supposer que peut - être on nous le refusera , et s'y soumettre d'avance , ou tacher même de se persuader que , si l'on nous le refuse , c est

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