PREMIÈRE PARTIE
ane foi? éclairés, qui ont goûté le don du Ciel, qui ont été faits participans de l'Esprit saint, et qui n'ont pas laissé de tomber, que ces gens-là se renouvellent en faisant une sincère pénitence. Parole? terribles, mais paroles exactement vraies, si, à cette expression il est impossible , vous substituez celles-ci il est très-rare , il est très-difficile , il est presque impossible ; car l'Apôtre n'a point voulu dire autre chose.
Saint Paul en rend lui-même deux raisons au même endroit : la première, c'est qu'ils font outrage à la miséricorde de notre Dieu, et qu'ils méprisent l'application abondante qui leur a été faite du sang de Jésus-Christ son Fils : c'est comme le crucifier de nouveau dans nous-mêmes (1) : rien n'offense, rien n'irrite Dieu davantage.
La seconde raison de l'Apôtre, c'est que les mêmes vérités, les grands motifs qui les ont convertis, n'ayant pas eu la force de les soutenir , il est bien difficile qu'ils en aient plus pour les rappeler : il leur a fallu ( pour retomber) s'endurcir contre ces motifs , contre ces vérités mêmes; car une terre qui, souvent arrosée des pluies du ciel, fie produit pourtant que des ronces et des épines , est digne qu'on l'abandonne et qu'on la maudisse (2). Quepeuvent-ils entendre, en effet, ou imaginer, ou méditer de nouveau, s'ils retombent, que déjà cent fois ils
etiam donum cœleste , et participes Jacti sunt Spiritûs sancti... et prolapsi sunt , rursàs renovaii ad peenitentiam. Heb. 6,4,6.
(1) Rursàm crucijigentes sibimetipsis Filium Dci , et ostentui habenle?.
(2) Terra enim sœpè venientem super se bibens imbrem Proférais autem spiiias ac tribut os, reproba estt et maledicto proxima.
n'aient médité et approfondi autant qu'ils en étaient capables, et qui déjà ne se trouve comme tout usé pour eux ?
Pour ne point nous désespérer , il ne reste que cette parole de saint Paul même , à la suite de ce que nous venons de dire (1). Cependant, mes bienaimés, quoique nous vous parlions ainsi, nous nous promettons de vous de meilleures choses et moins éloignées du salut ; et, ce que nous souhaitons , est que vous montriez tous assez de ferveur pour ne point vous relâcher, et que vous deveniez les imitateurs parfaits de ceux qui, par leur foi et leur patience, sont arrivés à l'héritage promis.
Imitons donc la foi et la persévérance des saints. Travaillons avec courage, et ne cessons point que nous ne soyons venus a bout d'une entreprise dont dépend notre bonheur éternel.
Cette seconde partie des exercices a sa vérité fondamentale comme la première. Le fondement de la première est que l'homme a été créé pour servir Dieu, et mériter de jouir éternellement de lui (2). Voici le fondement delà seconde.
(i) Confidimus autem de volis , dilectissimi , meliora , et viciniora saluti , tametsi ita loquimur.... Cupimus autem unumquemque vestriun eamdem ostenlare sollicitudinem ad expletionem gpei usque in finem , ut non segnes ejficiamini , verùm imilatoret eorum quifide et patientiâ hœreditabunl promissiones. Ibid.
^2) Creatus rst homo in hune fuient , etc.
SECONDE FAKTIE. 257
Jésus-Christ a été donné aux hommes :
1.° Pour les racheter de la damnation éternelle et pour guérir , par l'application de ses mérites , toutes les plaies que leur avait causées le péché.
2.° Pour les conduire de nouveau à Dieu, leur premier principe et leur dernière fin , et au Ciel , leur véritable patrie, par ses exemples , ses ensei gnemens et ses grâces (1).
C'est ce que les Ecritures nous enseignent, quand elles nomment Jésus-Christ , tantôt notre rédempteur , tantôt notre chef, tantôt notre roi , et tantôt notre maître , notre modèle , et notre juge ; car tous les autres titres , s'il en est quelque autre , se rapportent nécessairement a ceux-ci. Appliquonsnous donc singulièrement aux quatre vérités que nous allons établir comme autant de fondemens des méditations qui nous restent à faire dans cette retraite ; car à chacune des autres il faudra toujours rappeler ces quatre ci ; et toul le fruit que nous pouvons tirer désormais, dépend de l'impression plus ou moins grande que ces quatre méditations auront faite.
MEDITATION
Sur Jésus-Christ en qualité de Rédempteur , ou de la rédemption des hommes par Jésus-Christ.
Nous considérerons trois choses : 1.° Le besoin que nous avions de la rédemption de Jésus-Christ.
(i) Datus est Christus à Deo in huncjînem , ut homines ab omni damnatione reclemptos , etc.
2.° Combien la rédemption de Jésus-Christ a été libérale et abondante.
3." Les obligations que nous impose, envers Dieu et envers Jésus - Christ , une rédemption si abondante.
PREMIER POINT
Le besoin de la Rédemption.
1." Rappelons-nous ce que nous avons médité de la chute d'Adam , et de l'état où son péché avait réduit chacun de nous en particulier. Jésus-Christ, dans une parabole , nous Ta exprimé en partie. Un homme, dit-il , tomba dans une embuscade de voleurs , qui le dépouillèrent , et Payant couvert de blessures , s'en allèrent et le laissèrent à demi mort (1). Nous avions perdu tous les avantages de la grâce et toutes les prétentions à la gloire. Nous étions grièvement blessés au corps et à Pâme : ténèbres , ignorance , penchant violent pour le mal , nulle force pour le bien. La parabole dit : L'ayant laissé à demi mort ; en quoi elle ne dit rien de la mort véritable, de la privation éternelle de Dieu , a quoi nous avions été condamnés.
Qui aurait pu nous réconcilier avec Dieu , nous faire rentrer dans tous nos droits, nous rendre la lumière , la force , la santé, la vie ? Personne que ce charitable Samaritain , personne qu'un Dieu fait homme. Comme homme, il souffrait; comme Dieu, il donnait un mérite infini à ses souffrances. 11 s'est donc fait homme, ce Dieu de bonté , et il nous a rachetés (2).
(i; Ilomo quidam... incidit in latrones qui etiam despoli avérant eum , et plu gis impositis , aliénait , senu\>n>o rcl/cto. Luc. 10, 3o (a) Samaritanus quidam iUrfaciens.... curam ejus cgit. Ibid.
Ce que les prophètes demandaient avec tant d'ardeur, ce que lesjustes désiraient depuis t*nt de siècles, ce qu'ils se lassaient d'attendre, nous le voyons accompli.
Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez (1 ) ! carje vous assure que beaucoup de prophètes et de rois ont souhaité de voir ce que vons voyez , et ne l'ont point vu ; d'entendre ce que vous entendez, et ne l'ont point entendu. Nous jouissons de ce bienfait ! mais nous ne le comprenons peut-être pas assez. Pour le bien connaître, mettons-nous à la place de tant de barbares qui n'ont jamais entendu parler de Jésus - Christ, ou qui ont vécu avant lui. Qu'il leur est triste d'être nés loin des lumières salutaires que nous avons (2) î Aux conditions dont Dieu a fait dépendre leur salut , Teussions-nous fait t Avec tant de grâces , dont nous sommes prévenus , à peine le faisons-nous aujourd'hui.
2.° Rappelons-nous l'état d'où la miséricorde de Dieu vient encore de nous tirer. Le premier homme n'eût-il pas péché , combien, pour nos fautes personnelles , n'aurions - nous pas eu besoin d'un rédempteur ! La parabole de l'homme blessé nous convient-elle moins dans notre propre personne que dans celle d'Adam (3) ?
11 nous eût fallu un rédempteur pour nous réconcilier et pour nous mériter la grâce abondante qui vient de nous rappeler à Dieu. Il nous en eût
(î) Beati oculi qui vident quœ vos videtis. Dico enim vobis, etc. Luc. io , 23.
(2) Nihil enim nobis nnsci profuit , nisi redimi pra fuis set. Ex benedictiune « eivi in Sabbato sa net o. Melius erutei , si natusnon fuisset homo ille. Mallli. i5 , 24.
(3) Incidit in iatrones qui etiam despoliaverunt eum , etc.
fallu un , plus que jamais , pour ne pas retomber dans le péché ou dans la langueur , après notre réconciliation. Car, de dire que si nous Savions pas péché dans Adam , nous n'eussions jamais été criminels , rien n'est plus douteux. Les anges , dans le Ciel, sans ignorance et sans cupidité, sont tombés; Adam et Eve , dans le paradis terrestre, éclairés et droits autant qu'on peut l'être, sont aussi tombés. Nous n'eussions peut - être pas été aussi criminels qu'eux ; mais peut - être aussi l'eussions - nous été davantage et assez pour nous perdre.
Mais consolons-nous , rassurons-nous : où le péché avait causé de si grands maux, la grâce a causé déplus grands biens encore (1). Nous avons plus trouvé en Jésus - Christ , que nous n'avions perdu dans Adam. Dans celui-ci , nous perdîmes une première fois la grâce ; dans Jésus-Christ, nous la pouvons retrouver autant de fois que nous péchons (2). Heureuse faute donc que celle du premier homme, pour laquelle est venu un Rédempteur qui pût obtenir grâce pour toutes nos autres fautes î Heureux péché , certes , péché en quelque sorte nécessaire , pour lequel la mort du Sauveur étant plus que suffisante , a pu encore faire oublier toutes nos autres prévarications !
Or, cette miséricorde que le Père nous a faite par son Fils, eussions-nous jamais pu l'imaginer? Cherchant les moyens de nous tirer de l'abîme, eussionsnous dit : Je prierai Dieu de m'envoyer son Fils ?
^i) Ubi autem ahundavit delictum , super abundavit sratia. Rom. 5 , 20.
(2) Ojeh'x culpa , (juœ talent ac tantum meruit habere Redemptorem ! 0 certè ncceaarium Adœ peccatum , etc. Ex Offic. Sabb, sanct.
un Dieu se fera homme pour venir me racheter ? Si nous l'eussions imaginé , ou si un ange nous l'eût annoncé , aurions - nous pu le croire ? Ah ! je suis trop peu de chose , cela ne se peut ; je n'ose l'espérer , on me flatte sans raison Nous le croyons
aujourd'hui , ce mystère de grâce ; mai? n'avonsnous point de peine à le comprendre ?
J'étais à jouer, dit saint Bernard ; cependant on traitait de ma condamnation dans le cabinet du prince , pour d'horribles crimes dont j'étais convaincu. L'unique héritier du royaume se substitue en ma place ; on le condamne , on me délivre : estil possible ? Mais , continuerai-je mon jeu ? ou me ferai -je un jeu des peines de mon libérateur (1) ? Disons donc ici , avec toute la tendresse du cœur le plus touché de reconnaissance : Bénissez le Seigneur , ô mon ame! et que tout ce qui est au dedans de moi glorifie son saint nom ; mon ame , bénissez le Seigneur, et n'oubliez jamais ses bienfaits innombrables (2). Il vous pardonne toutes vos fautes ; il guérit toutes vos blessures et toutes vos infirmités ; il vous a arrachée des bras de la mort éternelle ; il vous environne de toutes parts de ses miséricordes ; il vous donne tous les biens que vous pou vez désirer , etc.
Disons encore avec saint Paul , mais du fond du cœur : Après une telle bonté , si quelqu'un n'aime pas Jésus-Christ notre Seigneur , qu'il soit anathéme(3).
(i) Adhuc-ne îudam , et illudam ?
(2) Benedic , anima mea , Domino y et omnia quœ intra tng sunt , nomini sancto ejus. Qui propitiatur , etc. Ps. 102, r , 3.
(3) Si (juis non amat Do/ninum nostrum Jesum Christian t tit anathema. I. Cor. 16 , aa.
Hélas ! je ne l'ai point aimé ; mais je l'aimerai désormais , et jamais je ne veux cesser de l'aimer.
SECOND POINT
L' abondance de la rédemption de Jésus-Christ.
Pour nous racheter et nous guérir , il aurait suffi que le Fils de Dieu se fut fait homme pour un moment. Un soupir de l'Homme-Dieu étant d'un prix immense , par la dignité de sa personne infinie , rhumiliation d'une personne infinie aurait apaisé Dieu , et l'eût comme forcé à nous remettre dans tous nos droits ; mais cela n'aurait pas suffi , peutêtre , pour nous faire senlir toute l'énormité de nos offenses , la grandeur de nos plaies , et l'excès de son amour. Dieu a voulu oter tout prétexte à notre ingratitude. Qu'at-il donc fait P Pressé par cette charité , qui pourrait paraître excessive (1) , il est demeuré neuf mois dans le sein d'une Vierge ; il est né pauvre ; il a vécu dans le travail durant trente ans; il a été chargé d'opprobres ; il est mort sur une croix, épuisé de sang et de forces; il nous a laissé, dans l'Eucharistie , pour le temps où il ne serait plus avec nous, un moyen de renouveler clia* que jour, aux yeux de Dieu , son sacrifice , et de nous unir éternellement à lui (2). Enfin il a suffi qu'il restât quelque chose à faire, pour n'être pas content qu'il ne i'eût fait.
Homme qui ne seriez pas touché peut-être , s'il eneùt moins fait, qui diriez: Il lui en a coûté trop
(i) Prepter nuniani charilalem saam fjuâdiiexà nos. Epb. a , 4, (a) Copiosa apud eum Redemplio. Psalm. 129, 7.
peu pour que je croie lui être si redevable , au moins ne vous rendrez-vous pas ici r
Avant l'accomplissement et la connaissance de ce grand mystère , nous ne connaissions notre Dieu qu'imparfaitement. Nous croyions peut-être , avec l'impie , qu'il était là -haut au Ciel, renfermé dans son propre bonheur , sans se soucier de ce qui se passe sur la terre (1) , et qu'il ne savait pas ce qu'il en coûte pour obéir et pour souffrir. Il n'en est pas ainsi : nous ne lui sommes point indifférens. 11 est juste, mais il n'en est pas moins miséricordieux. Touché de nous voir périr , il s'est fait lui-même la victime et celui à qui elle est offerte. Et nous compterions encore pour rien des âmes qu'il a tant estimées î nous négligerions la nôtre ! nous n'aurions point de zélé pour relie d'autrui î et nous commettrions encore le péché qui a tant coûté à réparer ! Ah ! périsse tout ce qui a pu m'attacher jusqu'ici! Cest ma première obligation ; mais en voici beaucoup d'autres.
TROISIÈME POINT
Les obligations que nous impose, envers Dieu et envers Jésus-Christ , cette abondante rédemption. Outre la reconnaissance dont nous avons parlé ,
outre le soin de nos âmes et de celles de nos frères , 1 .-• Envers Dieu. Pesons bien ces paroles : Dieu a
tellement aimé le monde, qu'il lui a donné son Fils
unique (2) ; et ces autres : O condescendance éton-
(i) Nube* lalibulum s jus , nec nostra considérât , et circa cardînes cœli peranibulat. Job. 22 , 14.
(2) Sic enim Deus dilexit mundum , ut Filium suum unigcnituta (foret. Joan. 3 , 16.
nante de compassion ! ô inestimable effort de chanté ! pour racheter un esclave , avoir livré votre propre Fils (1) !
Abraham , pour s'être mis dans la disposition de sacrifier son fils Isaac , mérita l'abondance des bénédictions célestes: Parce que vous m'avez obéi, et que vous ne m'avez pas refusé Isaac même , votre fils bien-aimé, je vous bénirai , vous et toute votre postérité (2). O mon Dieu ! parce que vous m'avez donné votre Fils, que ne dois-je pas vous donner ? Puisse mon cœur être anéanti , plutôt que j'oublie jamais une telle grâce ! Puisse ma langue demeurer attachée à mon palais , si je cesse jamais de vous louer , de vous glorifier , ou si je l'emploie désormais à quelque autre usage! Puissenttoutes les créatures se tourner contre moi, si jamais je leur donne la moindre de mes affections, contre vos intérêts et contre vos ordres (3) !
2.° Envers Jésus -Christ. Sa grande charité nous presse, dit saint Paul , nous pique , nous anime. Et à quoiP Au moins à ne plus vivre pour nous-mêmes, mais pour celui qui est mort pour nous (4). Souvenous-nous de la première de nos méditations. Si je dois être à Dieu seul , +out à Dieu , et toujours â Dieu , par la raison qu'il m'a créé et qu'il me con-
(i) O mira ci'rca nos tuœ pietatis dignatio ! O inœstimabilis dilectio charitalis ! Utservum redimeres , FiLium tradidisti. ExOff. Sab. Sanct.
(2) Quia fecisti hanc rem , et non pepercisti filio tuo unigenito propter me , etc. Gen. 22 , 16.
(3) Si oblitus fuero tut Deus meus , oblùnoni detur dextera mea ; adhœreat lingua mea faucibus meis , si non meminero tut.
+ ; Chantai Christi urget nos ut , et qui vivunt , j am non
sibi vivant , sed ei qui pro ipsis mevtuus «st et resurrexit. If. Cor. 5. Ki.iS.
gerve , que lui dois-je pour m1 a voir racheté , et ra cheté d'une telle manière? Les paroles de saint Bernard, à ce sujet, sont incomparables ; on n'y peut rien ajouter, mais il ne faut pas en retrancher une syllabe , et il est bien difficile d'en faire sentir en notre langue toute la force. « Si je medoisdéjà tout » entier à Dieu parce qn'il m'a fait, qu'ajouteraije » pour m'avoir fait tou* de nouveau , et fait d'une » manière si admirable ? Car je n'ai pas été fait de » nouveau aussi aisément que j'avais été fait d'a- » bord. Pour me faire, Dieu n'eut besoin que d'une » seule parole ; pour me faire de nouveau , que » n'a-t-il pas dit ? combien n'a - t - il pas opéré de » merveilles ! combien n'a-t-il pas souffert de tra- » vaux i que dis - je , de travaux ? combien même » de tourmens et d'indignités ! Dans le premier ou- » vrage il me donna moi-même à moi même ; dans » le second , il s'est donné à moi , et en se donnant » à moi , il m'a rendu à moi-même. Or , pour m'a- » voir donné , et ensuite rendu à moi-même, je me » dois doublement à lui. Mais que lui rendrai -je » pour s'être donné lui-même à moi ? Car, pussé-je » me donner mille fois à lui . que suis-je pour éga- » 1er un Dieu qui se donne (1) ?» Je serai donc désormais à lui seul , et tout à lui , et toujours à lui. Il aura encore plus d'un avantage ; il est tout , et je ne suis rien; il aura commencé, et je ne ferai que le
(i) Si totum me debeo pro me facto , quid addampro refecto, et refecto hoc modo ? nec enun tain facile refèctus quàrnf ictus y nom cjui me semel et tantum dicendo fecit , in reficiendo prnfécto et dixit multa , et Jècit mira , et pertulit dura ; nec tantum dura , sed et indigna. In primo opère me mihi dédit ; in secundo se j et ubi se dédit , me mihi reddidit. Datus ergb et redditus, me vro me debeo , et bis debeo. Quid Deo rétribuant pro se ? Nain , elisimsi me millies rependere possem p quid sum ego nef Deum ? Retraite sp'trit. I. î-
suivre ; il m aura aimé sans obligation, sans intérêt» et je travaille pour mon propre bonheur. Car , comme ditsaint Augustin, quelle plus grande justice que de vivre pour un Dieu sans la mort duquel je ne vivrais pas? Quel plus grand profit que de servir un Dieu qui promet d'éternelles récompenses ? et quelle plus grande nécessité que de ne pas rebuter un Dieu qui menace d1un supplice qui n'a point de fin(l).
MEDITATION
Sur Jésus-Christ, en qualité de Chef, ou de la vie de Jésus-Christ dans les chrétiens.
Après avoir considéré le bienfait de la rédemption, nous considérerons de quelle manière le Rédempteur nous en applique personnellement les fruits salutaires.
Ce que disait saint Paul, tous les chrétiens le peuvent dire dans un sens : Je vis; mais non, ce n'est pas moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi. La vie dont nous voulons parler maintenant, n'est pas cette vie mystique de Jésus-Chrisldans l'homme, qui se lait par la transformation de l'esprit, du cœur, et des moeurs de l'homme en Jésus- Christ , et qui consiste à penser comme lui , aimer comme lui, agir comme lui ; c'est quelque chose de plus essentiel encore. Car, il faut être chrétien , avant de pouvoir devenir un parfait chrétien. L'un est,
(0 Cui justiùs l'ivam . quum ei qui , si non moreretur , ego non viverem ? Cui cornrnodiàs , quiun proniitlenti i'itam œternam ? Cui inagis ex necessitate , quàniflammas œternas minitanti ? Ep. 1 43.
pour ainsi dire, le fondement de l'autre ; et c'est la vie dont nous allons parler, qui nous fait chrétiens.
Considérons donc,