Son séjour en Egypte
3.° Son retour d'Egypte. Et de toutes les trois nous apprendrons trois règles d'abandon à la Providence
PAEMIEB POINT.
Fuite en Egypte. Première règle d'abandon : obéir à la Providence aussitôt que Dieu a parlé.
C'est Joseph en apparence qui agit dans tout ce mystère ; mais c'était Jésus - Christ qui instruisait Joseph intérieurement sur ce qu'il voulait qu'il fit et sur tout ce qu'il avait a faire. Ainsi c'était Jésus- Christ , autant ou plus que Joseph , qui agissait.
On ordonne donc a Joseph, de la part de Dieu de prendre l'enfant et sa mère , et de fuir en Egypte!
1 .° Joseph ne dit point : Pourquoi aller si foin et partir si vite ? Ne peut-on pas nous cacher ici assez bien, pour qu'Hérode ne puisse nous découvrir ? S'il a dessein de nous faire mourir , ne pout-on pas le faire mourir lui-même? Tant de crimes dont il est coupable, et celui-ci en particulier , ne le méritentils pas assez? Que ferons-nous dans une terre étrangère, dans un pays idolâtre , où nous n'avons nulle
habitude, et dont nous ne connaissons ni la langue, ni les mœurs, ni les usages ? De quoi vivrons-nous, et qui nous fera subsister ? Ne pourrait-on pas, au moins , et ne vaudrait - il pas mieux nous envoyer dans le pays des Mages ? 11 y aurait pour nous , et plus de commodité , et plus de sûreté.
2.° Joseph ne diffère pas un moment à partir; on l'avertit la nuit ; et sans attendre le jour , et sans préparer de quoi faire plus commodément le voyage , il se met aussitôt en chemin.
L'obéissance, qui assigne aux religieux certaines demeures , ne les arrête pas tellement dans leurs maisons que l'on ne puisse quelquefois les envoyer ailleurs , ou pour faire de nouveaux établissemens, ou pour aller rendre service à quelque autre de leurs communautés qui les appelle : il faut y être disposé. Mais, ce qui est plus d'usage, c'est la sainte indifférence que la règle ordonne d'avoir pour quelque emploi que ce soit , auquel on voudra les appliquer dans leur propre maison , et la promptitude avec laquelle ils doivent obéir au premier signe de la volonté des supérieurs ; et ceci convient à tout chrétien, à tout religieux, atout ecclésiastique qui dépend , par son état , de la volonté d'autrui , pour les demeures ou pour les emplois. Nous devons tous ce respect à Dieu , de nous laisser conduire à sa providence , quand ses ordres sont intimés ; il ne faut, pour cela , ni être encore religieux, ni chrétien; il suffit d'être homme: comme hommes , nous devons nous laisser conduire à celui par qui nous sommes tout ce que nous sommes L'avantage que nous avons en religion , c'est que nous ne saurions douter des desseins et des volontés de Dieu
Retriite s pi rit. 1. 16
sur nous ; ils nous sont manifestés par la voix deno% supérieurs. Le chrétien à qui son état laisse la liberté de choisir ou de fixer sa demeure ou ses occupations , ne jouit pas de ces avantages. Combien de fois se trouve-t-il dans le doute sur ce que Dieu demande, et s'il ne s'écarte pas , peut-être , de la Providence en croyant s'en approcher (1) ! Dieu a ses raisons dans tout ce qu'il ordonne , quoique nous ne puissions pas toujours les voir ni les pénétrer. 11 est donc inutile , et injurieux même à sa grandeur > de les trop examiner , de les vouloir approfondir ; écoutons , adorons , et obéissons , c'est notre devoir; mais déplus , c'est notre avantage.
Savons-nous ce qui nous convient le mieux ? Notre Père est au Ciel ; il connaît tout, il peut tout, et il nous aime : donnons-lui toute liberté d'agir ; il voit du bien pour nous où nous ne voyons que du mal. Supposons qu'il y eût dumal à souffrir, et que les hommes eussent dessein , en effet , de nous en faire ; il peut le rectifier et le tourner à notre avantage : il rafraîchit dans la fournaise même les jeunes hommes de Babylone.
Cette disposition est si agréable à Dieu , que , quand il pourrait être oisif ou indifférent là - haut sur ce qui regarde les hommes en général , notre seul abandon l'obligerait à prendre soin de nous : un homme même , s'il a quelque générosité , se croit obligé d'aider et de servir ceux qui se livrent à sa conduite avec confiance. Mais vous voulez mettre la main au gouvernail ; chacun, dites- vous t est son pilote , son Dieu à soi-même (2) ; au moins
(i) Beati sumus , Israël, quia quœ Deo placent, mwùf*sta sunt noli.ï, lîariich. 4, 4-~ v2) £*l sibi auisqiie Deus,
vous osez le penser , si vous n'osez pas le dire ; et , sur ce principe , vous employez vos sollicitations propres ou celles d'autrui , pour être placé comme il vous plaira dans telle place plutôt que dans telle autre , dans cette demeure-ci plutôt que dans cellelà ; que trouverez-vous ? De grands dangers, peutêtre ; car, où n'y en a-t-il pas, et où y en a-t-il plus ordinairement que dans ce que la passion fait désirer ? Dieu sera-t-ilobligé de vous y secourir ? Qu'il
tombe dans le précipice qu'il s'est creusé (1)
Que trouverez-vous encore ? De grands chagrins. Et Dieu vous consolera-t-il quand vous irez vous plaindre à lui ? Que ceux qui nous ont mis en œuvre vc us aident et tous soutiennent (2). Tous aviez compté d'être heureux dans la demeure, dans l'emploi , dans les fonctions de votre choix ; vous vous imaginiez avoir tous les talens du monde, pour contenter dans une place où la vanité vous a fait désirer de monter ; vous ne réussirez point. Vous y faites souffrir , et, par un retour nécessaire et juste, vous souffrez beaucoup aussi. Vous aurez la confusion , peut-être , ou de vous voir obligé de sortir avant le temps , ou d'avouer vous - même que l'entreprise surpasse vos forces , ou ne vous convient pas, pour d'autres raisons que vous n'aviez pas prévues ; tout cela sera sur votre compte : vous vous l'êtes attiré. Que sera-ce si Dieu vous appelle à lui pour vous juger ? Rien n'est si terrible que de mourir dans un emploi ou dans un lieu choisi contre la volonté de Dieu.
(i) Lacum apeimit , et effodit eum , et incidit in fovea, fecit. Ps. 7, *6.
(2) Ecce homo qui nonposuit Deum adjutorem suuin.... r». •>»« 9, In quibus habebant fiduciam, Deut. 3a, 3;,
La soumission de Joseph fut sans représentation et sans réplique : la religion ne nous les interdit pas, pourvu , l.° qu'avant de rien proposer , nous consultions Dieu , pour juger si nos remontrances sont fondées en raison ; pourvu , 2.° qu'après avoir proposé nos pensées et nos difficultés , nous demeurions tranquilles, soit qu'on y ait égard ou non. Mais , gardons-les donc bien, ces deux conditions, tout le temps de notre vie, et ne les oublions jamais : jusque là nous sommes dans Tordre de la Providence ; en nous donnant plus de mouvemens et d'inquiétudes, nous en sortirions. Que nos remontrances soient toujours respectueuses ; jamais de ces conditions qui marquent plus d'amour-propre et d'indocilité que de prudence et de raison. Jamais de ces dépits puérils qui paraissent dans l'air et sur le visage , quand on s'est vu trompé dans son attente.
Ce n'est pas seulement par la voix de nos supérieurs que s'explique la Providence ; elle se déclare encore par toutes les choses qui nous deviennent nécessaires: maladies, calamités publiques, événemens que nous n'avons pu prévoir ou empêcher. Mais enfin la chose est faite , et Dieu veut certainement tout ce qui m'est devenu nécessaire. Ici donc encore soumettons-nous, et si notre faute nous avait attiré quelque chose de désagréable , demandons pardon de la faute ; souffrons-en avec patience les suites fâcheuses , et prions Dieu de nous remettre dans l'ordre dont nous nous serions écartés : il le fera ; notre regret et notre acquiescement le méritent , ou rien ne le méritera jamais.
SECOND POINT
Séjour en Egypte. Seconde règle d'abandon : de meurer où nous a placés la Providence , aussi long - temps quelle ne nous dira rien de contraire.
L'ange avait dit k Joseph : Soyez là jusqu'à ce qu'on vous rappelle. Il ne demandera pas une seule fois à en sortir. Il pourrait souffrir, s'ennuyer, trou ver sa demeure bien incommode et le temps bien dur et bien long, qu'il ne quitterait point l'Egypte, et ne se plaindrait point. En effet , il y resta huit ans entiers, toujours soumis , toujours content. C'est à Dieu seul , qui nous a placés , à nous déplacer. On a quelquefois le courage d'obéir d'abord de bonne grâce ; mais on se lasse bien vite , et il faut de la persévérance. On a vu des personnes régulières qui , placées dans des demeures obscures et solitaires , et dans des emplois dont naturellement personne ne voulait , y ont passé plusieurs années sans faire paraître la moindre peine. Que cela est louable î C'est, comme saint Alexis, être dix-sept ans inconnu sous un degré , dans la maison de son propre père , sans se plaindre ! D'autres ont comme essayé de tout successivement , en peu d'années , sans en être plus contens. Le changement de situation en a beaucoup trompé , dit l'Imitation (1). Et pourquoi s'y trompent-ils si souvent? C'est qu'ils sentent le mal de la place où ils sont, et qu'ils n'en prévoient presque aucun dans la place où ils ne sont nas. Grande puérilité ! Où trouve-t-on , en ce mon-
(i) Imaginatio locorurriet mutatiomultos fefellit. Imit. 1. 1,0.9.
de-ci, de roses sans épines? Celui qui sait le mieux souffrir , jouira d'une plus grande paix (1). Mais ce qui peut nous donner la persévérance , plus que tout le reste , c'est ce qui la donna à saint Joseph. Il avait avec lui l'enfant et sa mère (2). On trouve Dieu partout : il est dans la demeure la plus obscure du royaume, comme dans la plus brillante, et dans le dernier emploi d'une maison, comme dans le premier ; et, avec Dieu , peut-on être mal P Partout on a une église où repose Notre-Seigneur , partout un crucifix , partout les exercices de piété , le saint sacrifice de chaque jour , et ordinairement la liberté d'approcher des sacremens. Ainsi se consolait , en allant en exil chez des barbares, le grand saint Jean Chrysostôme: Je trouverai Dieu en Scythie comme àConstantinople : jamais je ne désirai la dignité^ que je possède, ni le séjour de la cour; on m' a forcé d'y venir; je n'ai point réussi au gré des
puissances; Dieu en soit béni Ses ennemis en
étaient désespérés. Un religieux, en cette situation, désolerait tout 2e monde, ses supérieurs mêmes, s'ils pouvaient avoir de la mauvaise volonté. Je ne dis pas un religieux philosophe ; toute la philosophie succombe à de certains coups ; mais je dis un philosophe religieux , c'est-à-dire vraiment et solidement chrétien.
Mais je fais tant de fautes dans mon emploi ; je n'y ai presque pas le temps de prier Dieu; je n'y fais aucun bien; j'y souffre, je m'y ennuie mortellement.... Vous faites des fautes ? Où n'en fait - on point, surtout quand on estd'une certaine humeur P
(i) Qui melius scitpati, majorent tenebà pacem. huit 1. i, c. 3. (a) Accipe puerum et matrem ejus. Matth. i} i3 et 20.
Où iamais avez-vous été sans en faire ? Il faut se former pour les emplois et pour les personnes et non pas vouloir former les personnes et les emplois pour soi-même ; l'un est bien plus aisé que 1 autre. Travaillez-y , et vos fautes seront et moins gneves, et plus rares.
Quant à la prière, si vous y donnez tout le temps „ue vous pouvez, Dieu est satisfait. Dans la maison de Dieu , comme ehez les grands , les uns demeurent auprès du prince , d'autres le quittent pour le Jeux Lvir auteurs : c'est lui faire paiement sa cour. Mais, que les intentions soient pures , et ne perdez rien des momens où vous pouvez vous re-
cueillir. . , __
Vous n'y faites rien , dites-vous ? Mais qu en sayez-vous? On attribue au séjour de Jésus-Christ en E-vpte , les grâces de sanctification qui peuplèrent Tes déserts de tant de saints anachorètes. Dieu vous a peut-être placé dans tel emploi, dans telle demeure, pour l'utilité de quelques âmes que vous Convertirez par vos bons conseils et vos bon, discours , et dont le zèle servira , dans la suite , a la Gloire de Dieu. Enfin , pour ce qui est de s ennuyer et de souffrir, Jésus-Christ ne souffrit -il pa en Egypte ? Attendez-vous à souffrir , quelque part que vous soyez. Persuadez-vous que c'est ic. votre croix votre exercice de patience, votre purgatoire, et n'en perdez pas un moment : pour vous desennuyer, pour vous reposer, vous aurezl'éternite tout entière Heureux si vous mourez dans la place ou Dieu vous a mis ! Des bras de la Providence , ou peut-on passer , si ce n'est dans ceux de la miser.-
corde ? £t , sans cette grande miséricorde , tout fe reste de quoi nous servirait-il (1) ?
TROISIÈME POINT
Retour d'Egypte. Troisième règle oV abandon- in. ter prêter les ordres de la Providence, quand elle ne parle plus.
^ Joseph revient dans la terre d'Israël , quand on l'en avertit ; mais , comme on ne lui dit pas préci sèment où il doit faire son séjour , il choisit pour sa demeure, entre toutes les provinces, la Galilée ■ et, dans la Galilée , entre toutes les villes Naza' reth , le lieu de l'origine de Jésus-Christ , où il présume qu'il l'élévera plus aisément , et qu'il sera moins en danger de le perdre.
Quand donc la Providence ne dit rien, quand les supérieurs nous laissent à notre propre détermination, ou qu'ils veulent bien nous appeler à leur conseil , nous pouvons exposer nos pensées avec simplicité ,' et , si l'on s'en rapporte à nous , suivre nos vues et nos désirs. Mais que ce ne soit jamais l'impétuosité naturelle qui nous détermine ; elle n'est souvent fondée que sur la passion et la mollesse sur la vanité et l'inclination : que ce soit toujours la foi , ou la raison guidée par la foi. Devant Dieu voyons : Dans quel emploi servirai-je mieux Jésus- Christ, et où serai-je moins exposé à le perdre? Ce sont là les deux règles qu'il faut consulter, comme Joseph. Dansnotre travail, commençons toulours par ce qui regarde notre perfection et le ser-
•i) Qiudprodesthonnm.nmundum wwérsum lucretur ammœ vevo suce detnmentum patiatoir ? Matth. 16. 26.
vice de Jésus -Christ. Que jamais rien ne nous fasse abandonner ni négliger nulle part ce que nous lui devons , et ce que nous nous devons à nous-mêmes. Gardons - nous de nous produire où nous serions en risque de le perdre ; que dis je ? où nous l'avons peut-être perdu , où nous serions comme assurés de le perdre encore. Point de commerce, s'il se peut, et si cela ne se peut pas, trés-peu de commerce avec le monde , surtout avec ce monde profane et si propre à nous causer du mal, sans que jamais ou presque jamais nous lui procurions aucun bien. Sans cela, c'est un miracle si nous ne perdons pas Jésus- Christ ; mais avec de si sages précautions, nous serons toujours contens. Dieu l'a promis, et sa parole est infaillible : cherchez d'abord le royaume de Dieu , et le reste ne vous manquera pas ; c'est un Dieu qui nous en assure ; le reste viendra peut-être au delà de nos espérances , et d 'où nous ne l'attendons pas. Combien de gens l'ont éprouvé, et nousmêmes , peut-être , si nous avons su nous abandonner à sa providence ! Mais il faut un abandon total, et pour tout le temps de notre vie.
MEDITATION
De la vie cachée de Jésus Christ.
Dans la vie cachée de Jésus-Christ, depuis son retour d'Egypte , et dans toute sa conduite pendant prés de trente ans , on trouve un modèle de la manière dont on forme les jeunes gens , soit dans les communautés ecclésiastiques , soit dans quelques sociétés régulières , depuis leurs premières études
jusqu'au temps où ils se livrent aux fonctions apostoliques.
Jésus-Christ vit dans la dépendance et dansl'obscurité jusqu'à Page de F homme formé ; c'est à peu prés le temps que durent les épreuves dont nous venons de parler.
Jésus-Christ s'exerce aux ministères domestiques les plus vils et les plus laborieux. Ce sont les services auxquels on accoutume les jeunes séminaristes, et les jeunes novices, dans les différentes mai-» sons.
Jésus-Christ converse ordinairement avec de trèspetites gens, des enfans et des pauvres. Il fait un voyage de dévotion, à pied, de Nazareth au temple de Jérusalem, éloigné de trente lieues. Il demeure dans le temple , à prier , aussi long-temps qu'il le peut ; il confère avec les docteurs sur ce qui est du service de Dieu ; il les interroge avec simplicité ; il les écoute avec modestie, avec docilité: ce sont autant d'images, 1." des catéchismes dont on charge ceux qui se préparent aux fonctions sacerdotales ; 2.° des petits voyages , des excursions qu'ils font, par obéissance ou par zèle; 3.° des exercices de piété dont ils s'occupent dans le temple ou à leur oratoire ; 4.° des exhortations ou des conférences publiques et particulières auxquelles ils assistent.
Jésus-Christ ne connaît plus ni parens ni amis ; il les rebute même avec une sorte de dureté , quand ils l'interrompent dans ce qui regarde le service de Dieu : c'est l'éloignement et le détachement de notre pays et de nos parens, quand la gloire de Dieu ou le service du prochain le demande. Dans ce mélange d'exercices du corps et de l'esprit , il profite
tous les jours, à mesure qu'il avance en âge : c'est le zèle de la perfection, si souvent recommandé.
A tout cela succède au désert une rertaite longue, qu'il passe en prières , en silence , en pénitence , pour entrer enfin dans le ministère du salut des âmes : c'est le modèle de ces retraites qu'on fait avant de recevoir les ordres sacrés , ou de celle de trente jours pour ceux qui veulent passer ce temps dans le recueillement, afin d'aller ensuite parler en public, et, par diverses petites missions, s'ouvrir la carrière de l'apostolat et des bonnes œuvres.
Heureux qui, dès les premiers temps , se serait formé sur ce grand modèle , et ne l'aurait jamais perdu de vue ! Heureux au moins qui, dès qu'il s'aperçoit de quelque égarement , revient à luimême et à celui qu'il s'est choisi pour guide !
Commençons par méditer la vie cachée de Jésus^ Christ. Que fut Jésus-Christ, pendant près de trente années, et que fit-il ?