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à la moindre incommodité de ses novices. Sans être aussi rapide que le P. Bourdaloue dans la manière de prêcher , il n'était pas moins convaincant ni moins profond en traitant les grandes vérités du salut. Ce qui le distingue dans les Retraites qu'il nous a laissées , c'est qu'il parle toujours à la raison avec force et sans rien outrer ; d'ailleurs, pathétique et plein d'onclion quand les sujets le demandent. Il est difficile de lire sans être attendri , la troisième partie de sa grande Retraite sur les souffrances du Sauveur. L'impression était bien plus forte encore quand il donnait une Retraite , et qu'il exposait l'excès des souffrances , et la patience , et l'amour de Jésus-Christpour les hommes. L'auditoire fondait en larmes , et souvent l'orateur pleurait avec eux .
Le P. Bourdaloue l'estimait infiniment , et souhaita , en mourant , qu'on lui confiât tous ses papiers . Mais ce grand prédicateur avait mis , sans le prévoir , un obstacle à l'exécution de cette demande ; car il avait conseillé au supérieur de choisir le P. Judde pour succéder au directeur du noviciat de Rouen, poste très-important. Le supérieur sentit delà répugnance à lui faire cette proposition, c'était l'interrompre au milieu du succès de ses prédications. Il
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la lui fit cependant .Le P. Judde demanda vingtquatre heures pour y penser , et le lendemain il assura son supérieur de sa parfaite disposition à suivre ses intentions.
Cet emploi l'obligeait de se livrer à un nouveau genre de prédication et d'étude. Cas de conscience , instructions familières , morale plus détaillée , exhortations et conférences fréquentes ; nul j our oisif pendant toute Tannée, et d'ailleurs, pendant les trente premiers jours de suite , donner trois méditations par jour, sans compter bien des petites consultations particulières. Or , dans une telle position , il n'aurait pu se charger des manuscrits du P. Bourdaloue , et peut-être même que les supérieurs ne jugèrent pas à propos de le lui proposer. Quoi qu'il en soit , il se livra tout entier à son emploi, et le remplitpendant plusieurs années avec autant de zèle que de succès. C'est vers 1704 qu'il avait été chargé du noviciat de Rouen ; il fut ensuite chargé de celui de Paris jusqu'en 1721 : il en sortit pour entrer à la retraite de ce même noviciat de Paris , et de là à la maison professe rue Saint-Antoine , où il mourut en 1755.
Pendant qu'il dirigeait le noviciat de Rouen, ses novices , charmés de ses discours et de son