PREMIÈRE PARTIE
fidélité , ou se peiner trop quand on aperçoit qu'on na pas été fidèle.
Le premier produirait une inquiétude avec laquelle on négligerait peut-être beaucoup d'autres devoirs plus essentiels et plus pressans. C'est a ces personnes que Ton dit quelquefois : Il vaudrait mieux que de temps en temps vous fussiez plutôt un peu moins exactes, que de vivre ainsi dans une pénible agitation. On ne demande donc cette fidélité que sur les choses qui se présentent d'une manière distincte et paisible, et il est évident qu'on peut s'assujeltir sans sortir de la paix , et sans se déranger sur aucun devoir.
Le deuxième serait de s'imaginer que tout fut perdu, dès qu'on serait tombé dans l'infidélité , ou de confondre l'infidélité avec le péché peut - être mortel. Ce sont de grandes tentations , de préjudiciables illusions. J'ai manqué , je me relève , et je vais mieux faire. Mille fois dire la même chose et reprendre courage, c'est le sage conseil de blosius.
Le colloque pourra se faire sur quelques versets du Miserere : Cor mundum créa in me , Deus , et spiritum rectum innova in visceribus meis (1) ; donnez-moi un cœur pur , ô mon Dieu î un cœur sans mélange d'aucune affection non - seulement criminelle, mais étrangère. Pour me le donner , peut-être faudra t-il que vous daigniez le créer ; car je désespère que le mien puisse jamais en venir là. Au cœur pur , ajoutez un cœur droit et équitable. Et spiritum rectum ; point avec vous de duplicité ni d'artifice ; je me tromperais , je ne vous tromperais pas ; un cœur à vous seul, comme vous le mé-
ritez; à vous , comme j ai été a mes amis et à moimême. In vtsceribus ; l'intérieur bien ordonné aura bientôt réglé tout le reste.
Neprojicias me à fa^ie tua , et Spiritum sanctum tuvm ne au fer as à me ; pour le passé, ne me rejetez pas de devant votre face , et ne retirez pas de moi votre Esprit saint. Hélas ! je ne l'ai que trop mérité ; mais que deviendrais-je ? Ou ne me commandez rien , ou donnez-moi ce que vous me commandez. Vous êtes le Dieu de miséricorde, et vous ne rejeterez pas un cœur contrit et humilié ; non , vous ne le sauriez rejeter.
Redde niihi lœtitiam salutaris tut ; je n'ai point oublié, je n'oublierai jamais les dons précieux dont vous m'avez prévenu dans les premiers temps, lorsque j'étais plus fidèle. Rendez-moi ces sentimens si consolans et si agréables qui me firent quitter le monde de si bonne grâce , et soutenir sans alarmes les premières épreuves d'un état si nouveau et si gênant.
Spiritu principaii confirma me. Enfin , mon Dieu , faites que je m'affermisse si bien dans ce grand principe . Dieu est tout , la créature iiest rien , qu'aucune tentation ne puisse jamais l'ébranler ni l'affaiblir.
MEDITATION
De la mort en r/énéral.
O.v s'égare , on se détourne entièrement de sa fin par le péché mortel ; on s'en écarte par le péché véniel et par l'infidélité volontaire ; on y revient par-