‹ Œuvres spirituelles du P. JuddeChapitre 88 sur 140 · Un ver rongeur · texte numérisé non relu

Un ver rongeur

Tout cela, pour l'éternité. Ce qui regarde Téter nité, nous le considérerons dans une seconde méditation ; méditons maintenant les autres points.

PREMIER POINT

Un feu dévorant.

Dans l'endroit de la terre le plus profond et le plus obscur , est comme une espèce de vaste étang de soufre et de bitume , allumé par le souffle du Tout- Puissant même ( dit saint Jean , dans l'Apocalypse) , où sont ensevelis tous ceux qui meurent

dans la disgrâce de Dieu : Viti missi sunt in

staqnum ignis ardentis sulfure , etc. (I). L'Apôtre ne dit pas, sur la surface duquel sont étendus les réprouvés , mais dans la profondeur duquel ils sont comme noyés ; en sorte qu'au-dessus et au-dessous d'eux, et de toutes parts à leurs côtés , ils ont comme une mer immense de matières allumées. Le feu, en un instant , s'insinue par tous les conduits du corps, jusque dans les parties les plus intimes ; il en est pénétré, comme le verre ou le fer dans la fournaise de l'ouvrier ; ce n'est plus un homme, ou c'est comme un homme de feu.

A quoi comparer l'horreur de ce supplice ? Aux douleurs des maladies les plus aiguës, au sentiment des tourmens les plus rigoureux ? Il n'en est point,

(l) ApOC. 19, 22.

Page 1