‹ Œuvres: théâtre et poésiesChapitre 109 sur 145 · LE ROI , BLANCHE · texte numérisé non relu

LE ROI , BLANCHE

( Le Roi, resté seul avec Blanche , soulève le voile qui la cache. )

LE ROI

Blanche !

BLANCHE

Gaucher Mahiet ! ciel !

LE ROI , éclatant de rire.

Foi de gentilhomme , Méprise ou fait exprès , je suis ravi du tour. Vive Dieu ! ma beauté , ma Blanche , mon amour , Viens dans mes bras !

BLANCHE , reculant.

Le Roi! le Roi! laissez-moi, sire! — Mon Dieu ! je ne sais plus comment parler , ni dire. . . — — Monsieur Gaucher Mahiet . . . — Non , vous êtes le Roi . —

{Retombant à genoux. )

Oh ! qui que vous soyez , ayez pitié de moi !

LE ROI

Avoir pitié de toi , Blanche ! moi qui t'adore !

Ce que Gaucher disait , François le dit encore.

Tu m'aimes , et je t'aime , et nous sommes heureux !

Etre roi ne saurait gâter un aniQjn^jjx*.

Enfant! tu me croyais bourgeois, clerc, moins peut-être.

Parce que le hasard m'a fait un peu mieux naître ,

Parce que je suis roi, ce n'est pas un motif

De me prendre en horreur subitement tout vif !

Je n'ai pas le bonheur d'être un manant , qu'importe !

BLANCHE, à part.

Comme il rit ! ô mon Dieu, je voudrais être morte ! LE ROI , souriant et riant plus encore.

Oh ! les fêtes , les jeux , les danses , les tournois , Les doux propos d'amour le soir au fond des bois , Cent plaisirs que la nuit couvrira de son aile, Voilà ton avenir auquel le mien se mêle ! Oh ! soyons deux amans , deux heureux , deux époux ! Il faut un jour vieillir, et la vie , entre nous , Cette étoffe , où , malgré les ans qui la morcellent , Quelques instans d'amour par places étincellent ^ r N'est qu'un triste haillon sans ces paillettes-là !'^ Blanche , j'ai réfléchi souvent à tout cela , Et voici la sagesse : honorons Dieu le ^6,1^2^;-^; Aimons et jouissons , eHaisons bonne chère î' , i

BLANCHE, atterrée et t^culant.

0 mes illusions! qu'il est peu ressemblant !

LE ROI

Quoi ! me croyais-tu donc un amoureux tremblant , Un cuistre , un de ces fous lugubres et sans flammes , Qui pensent qu'il suffit, pour que toutes les femm- Et tous les cœurs charmés se rendent devant eux , De pousser des soupirs avec un air piteux !

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