‹ Œuvres: théâtre et poésiesChapitre 49 sur 145 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

DON ALPHONSE, RUSTIGHELLO, enveloppés de manteaux.

» RUSTIGHELLO.

Oui, monseigneur, cela s'est passé ainsi. Arec je ne sais quel philtre elle Fa rendu à la vie, et Ta fait évader par la cour du palais Negroiii.

Et tu as souffert cela ?

RUSTIGHELLO.

Comment l'empêcher? Elle avait verrouillé la porte. J'étais enfermé.

DON ALPnOtE.

11 fallait briser la porte.

I 1 2 LUCRÈCE BORGTA .

RUSTIGHELLO.

Une porte de chêne, un Terrou de fer. Chose facile !

DON ALPHONSE

ÎN^importe! Il fallait briser le verrou, te'dis-je; il fallait entrer et le tuer.

RUSTIGHELLO.

D'abord , en supposant que j'eusse pu enfoncer la porte, madame Lucrèce l'aurait couvert de son corps.

II aurait fallu tuer aussi madame Lucrèce.

DON ALPHONSE

Hé bien? Après?

RUSTIGHELLO.

Je n'avais pas d'ordre pour elle.

DON ALPHONSE

Rustighello! les bons serviteurs sont ceux qui comprennent les princes sans leur donner la peine de tout dire.

RUSTIGHELLO.

Et puis j'aurais craint de brouiller votre altesse avec le pape.

DON ALPHONSE

Imbécille !

RUSTIGHELLO.

C'était bien embarrassant , monseigneur. Tuer la fille du Saint-Père !

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