ACTE III
VOUS épouvantent? Buvez, et partons. 11 faut vivre ! Il faut vous sauver î
GENNARO, prenant wi couteau sur la table. C/est-à-dire que vous allez mourir , madame !
DONA LUCREZIA
Comment ! que dites-vous ?
GENNARO
Je dis que vous venez d'empoisonner traîtreusement cinq gentilshommes , mes amis , mes meilleurs nmis, par le ciel! et parmi eux, MalRo Orsini , mon frère d armes , qui m'avait sauvé la vie à Vicence, et avec qui toute injure et toute vengeance m'est commune. Je dis que c'est une action infâme que vous avez faite là , qu'il faut que je venge 3Iaffio et les autres , et que vous allez mourir !
DONA LUCREZIA
Terre et cieux !
GENNARO
Faites votre prière, et faites-la courte, madame. Je suis empoisonné. Je n'ai pas le temps d'attendre.
DONA LUCREZIA
Bah ! cela ne se peut. Ah bien oui, Gennaro me tuer ! Est-ce que cela est possible ?
GENNARO
C'est la réalité pure , madame , et je jure Dieu qu'à votre place je me mettrais à prier eu silence, à mains
jointes et à deux j][enoux. — Tenez, voici un fauteuil qui est bon pour cela.
DONA LUCREZIA
Non. Je voiis dis que c'est impossible. Non, parmi les plus terribles idées qui me traversent l'esprit, jamais celle-ci ne me serait venue. — Hé bien . hé bien! vous levez le couteau! Attendez! Gennaro! J'ai quelque chose à vous dire !
GENNARO
Vite.
DONA LUCREZIA
Jette ton couteau , malheureux ! Jette-le, te dis-ji Si tu savais... — Gennaro ! Sais-tu qui tu es? Saisqui je suis ? Tu ignores combien je te tiens de pré»! Faut-il tout lui dire? Le même sang coule dans n< veines , Gennaro ! Tu as eu pour père Jean Borgia duc de Gandia !
GENNARO
Votre frère! Ah! vous êtes ma tante! Ah! madame !
DONA LUCREZIA , à part.
Sa tante !
GENNARO
Ah! je suis votre neveu! Ah? c'est ma raèrej cette infortunée duchesse de Gandia , que tous Boqjia ont rendue si malheureuse! Madame Lucré< ma mère me parle de vous dans ses lettre». Voi