‹ Œuvres. ThéâtreChapitre 108 sur 191 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

Et Charles le Mauvais me devra sa couronne! La chose s'est passée ainsi qu'il le fallait. Enfin me voilà seul et, dans ce gobelet, Je n'ai plus qu'à verser celte liqueur qui tue.

Il verse le contenu de la fiole dans le hanap.

Ah! roi Charles, ma tour de Mareuil abattue!

Ah ! mes biens confisqués par toi ! mon vieux blason

Brisé par le bourreau pour haute trahison !

Ma femme, dont tu prends, pai un caprice étrange,

Le parti contre moi!... C'était trop! Je me venge!

Et je me venge bien pour avoir attendu !

Tu foulais le serpent, le serpent t'a mordu !

Et maintenant, partons. J'ai bien rempli ma tâche.

Un bon cheval m'attend au portail Saint-Eustache,

Et demain je serai dans Évreux, où je vais

Apporter un royaume à Charles le Mauvais.

Lis seigneurs redescendent, entourant Thomas de Pisan, qui pérore.

THOMAS DE PISAN, d'un ton doctoral.

C'est bien simple, messieurs. De ces quelques syllabes, Qui sont un talisman vénéré des Arabes, J'ai clairement compris, moi, qu'à la Chandeleur, Du sombre accouplement d'une stryge en chaleur

19+ LA GUERRE DE CENT Ax«,

Et d'un bouc, qui îvétait que Satanas lui-même,

Sous un gibet, naquit cette fille-bohème.

Ceci bien établi, vous voyez maintenant

Que son pouvoir magique est fort peu surprenant.

TOU: iES SEIGNEURS.

C'est clair.

BAUDOIN DE H A N N E Q.U I N , Vas, aux seigneurs, et montrant Thomas de Pisan avec admiration

Cet homme-là sait tout, messieurs.

TOUS

Sans doute.

lt. BATARD, à Thomas Je PLan.

Je prends congi de vous.

THOMAS DE PISAN

Mon frère, bonne route !

Baisez pour moi les mains du prieur de Cluny. Le Bâtard sort.

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