‹ Œuvres. ThéâtreChapitre 109 sur 191 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les mêmes, moins LE BATARD, puis L E ROI CHARLES V a RICQUET, son

bouffon.

LE MARÉCHAL DE BOUCICAUT

à Thomas de Pisan.

Ne redoutez-vous point ces sorcières?

THOMAS DE PISAN

Nenni.

Mais pour ces nécromants on a trop d'indulgence.

LE MARÉCHAL DE BOUCICAUT

Un bon fagot aurait raison de cette engeance, Et, si l'on m'en croyait , tous seraient brûlés vifs.

THOMAS DE PISAN

Ah! moi, d'être inquiet j'ai bien d'autres motifs.

Le Roi parait au fond, appuyé sur Ricquet. LE MARÉCHAL D'ANDRE HAM.

Vraiment?

ip6 LA GUERRE DE CENT ANS.

THOMAS DE P I s A N .

J'observe, ainsi qu'un mage syriaque, Les constellations du vaste zodiaque, Chaque nuit, et j'y trouve un sombre pronostic. Arcturus semble avoir l'œil vert d'un basilic, Aldébaran rougit, et dans Cassiopée Je distingue une main brandissant une épée; Et parfois même — effets encor plus singuliers — Les nuages ont l'air d'un choc de cavaliers. '

Voyant le Roi qui s'avance au milieu d'eux. Le roi!

Tous s'inclinent.

LE R O I , à Thomas.

Tu disais donc, bon Thomas, que les astres Nous promettent encor jours de deuil et désastres?

THOMAS DE PISAN

Oui, Monseigneur, le ciel est sinistre ce soir. J'y vois du sang.

LE ROI

Je suis bien las, je veux me seoir.

Il s'assied lentement dans la grande chaire qui est auprès de la table où on a posé le hanap empoisonne'. A Thomas de Pisan.

Page 1