‹ Œuvres. ThéâtreChapitre 118 sur 191 · ACTE II, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII

DU guesclin, de même.

Je sais ce que je dois, Messire, au Roi de France, Et j'ai pour lui la plus entière révérence.

le roi, à part.

Le début promet peu.

Haut, et se levant-

Sire Bertrand, les rois, Qui tiennent de Dieu seul leur couronne et leurs droits, En ont un, le plus grand dont il les investisse, Mais le plus lourd aussi, c'est de faire justice. Si frapper un coupable est souvent douloureux, En revanche, parfois, il est bien doux pour eux De faire rejaillir l'éclat qui les entoure Sur les hautes vertus, l'honneur et la bravoure.

du guesclin, à part.

Humph ! aux bords de la coupe il met beaucoup de miel !

LE ROI, prenant la ma H de Du Guesclin.

Messire Du Guesclin, je rends grâces au ciel De serrer cette main qui vaut toute une armée.

LA CtERRE DE CENT ANS

DU G D ES CI. I M, s'inclinant.

Sire !...

Je vous connais déjà... La renommée M?a dit votre vaillance et vos rudes exploits. Je sais vos coups de main, vos sièges, vos tournois... Chef aussi prévoyant que soldat intrépide, Vous avez l'esprit sûr et le coup d'oeil rapide ; Du moindre de vos gens vous connaissez le nom; Et de fiers chevaliers suivent votre pennon Sur les routes d'Anglais meurtris toutes jonchées. Ah ! vous mèneriez bien de grandes chevauchées, Bertrand, et ce serait un plaisir non pareil Que de vous voir conduire, un jour, au grand soleil, Une procession de quelques mille lances ! Puis enfin, dans nos temps, où sous les violences Le populaire souffre et succombe à moitié, Ce qui vous rend pour moi plus digne d'amitié, C'est que pour les petits vous êtes pitoyable, Et qu'à la pauvre gent taillable et corvéable Vous savez de la guerre alléger le fardeau. Ainsi que saint Martin partageant son manteau, On vous a vu souvent, vous, noble sans fortune.

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