ACTE II. SCENE VII. 21 J
Parle franc. En ton roi tu n'as pas confiance :
Tu n'as pas oublié l'instant de défaillance
Du dauphin et sa fuite à Poitiers... Ai-je tort?
DU GUESCLIN, simplement.
Monseigneur, j'ai bravé souventes fois la mort, Et je puis, telkment la chair est tyrannique, Avoir aussi demain mon heure de panique.
LE ROI
Que peux-tu donc alors me reprocher?
DU GUESCLIN, avec embarras.
Moi?... Rien, Sire.
LE ROI, impérieusement.
Assez de détours! Je le veux, parle.
DU GUESCLIN
Eh bien !
Puisque vous exigez qu'avec toute franchise, Et me faisant l'écho d'un peuple, je vous dise Ce qu'il pense en secret de ce roi de trente ans Qui devra gouverner ce pays si longtemps, Je parlerai. — Sachez que tous, dans ce rovaume.
Le pavsan qui veille, en tremblant sous le chaume.
Sur sa pauvre récolte et ses maigres troupeaux.
Et qu'accablent encor la dîme et les impôts;
Le bourgeois, casque en tête et portant hallebarde,
Que la rigueur des temps force à monter la garde
Aux portes de sa ville où l'Anglais peut entrer;
Le marchand voyageur qui craint de rencontrer
Sur les chemins déserts quelque maie aventure.
Et qui. la nuit venue, excite sa monture;
Tous, bourgeois et manants, et surtout les vainc
Vos nobles, dont la honte a terni les . . .
N'ont qu'un vœu, dont il faut qu'un souverain s'enquerre,
Un vœu d'enthousiasme et de haine : la guerre!
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Tu crois >
DU CUBSCJLIK.
Depuis huit ans. on n'attend qu'un signal Pour expulï. du sol national
Qu'il dévaste du dro:t des anciennes défa Et c'est depuis ce temps. I ir, que vous êtes
Le maître en cette France. Or. avez-vous rien tait Pour qu'elle pût jeter le cri qui l'étoutfait? Non. — Pour entretenir ce levain de rancune,