ACTE IV, SCENE IV
DU GUESCLIN, arrêtant Olivier et s' approchant du Bâtard, d'un air terrible.
Quand vous m'avez offert de livrer une femme, Vous comptiez que, malgré vos propos outrageants, Je saurais respecter en vous le droit des gens. Vous avez eu raison. Partez. La route est libre. Mais regardez d'abord que tout mon être vibre De colère,
Lui mettant ta main sur l'épaule.
et sentez ce que pèse ma main ; Puis tâchez désormais d'éviter mon chemin.
LE BATARD, frèmissaut.
Ah!
Froidement.
Menacer n'est pas répondre. Veut-on rendre La citadelle à John Chandos?
DU GUESCLIN
Venez la prendre!
LE BÂTARD s'incline, puis s'approche de Clotilde et lui parle à demi-voix.
J'espère que jugeant leurs conseils belliqueux.
Madame, vous serez plus raisonnable qu'eux. Car tout dépend de vous. Donc, en votre pensée, Songez bien à ce qu'est une ville forcée. Que deviendront parmi la fureur des assauts, Ces femmes, ces enfants, vos amis, vos vassaux? Vous savez ! c'est le vol, le carnage, la flamme! Vous êtes charitable et pieuse, madame:
Vous répondrez à Dieu de tout le sang v,ersé, Quand vous n'avez enfin, oubliant le passé, Qu'à revenir auprès d'un époux... qui vous aime...
CLOT1LDE, lui coupant la parole, avec indignation.
Ah! taisez-vous! Assez d'injure et de blasphème! Votre amour!... il me fait horreur et je vous hais! Quant à Dieu, chaque jour il entend mes souhaits Et, malgré cette épreuve où sa rigueur m'expose, J'en suis sûre, il est juste et protège ma cause!
LE BATARD
Priez-le donc ; mais moi, je vous dis : Au revoir !
// sort, reconduit par Thïraud.