‹ Œuvres. ThéâtreChapitre 185 sur 191 · LE MÉDECIN · texte numérisé non relu

LE MÉDECIN

Hélas! comte, le pouls S'affaiblit. La dernière espérance est finie, Quelques heures peut-être, ensuite l'agonie,. >

olivier, se voilant le v'sage.

Oh ! mon Dieu !

Il s'approche de Du Guesclin et lui prend la main.

Que je baise encor sa noble main !

DU GUESCLIN, s'éieillani en sursaut,

La ville avant une heure, ou l'assaut pour demain !

Reconnaissant Olivier.

Ah! c'est toi, mon ami; je faisais un beau rêve... Mais non, toujours ce lit !... Ton bras! que je me lève !

OLIVIER

Mais, Bertrand...

DU guesclin, avec impatience.

Non! je veux me lever, je veux voir Si tous sont à leur poste et font bien leur devoir. Pages, pages, à moi !... mon haubert, ma cuirasse !

Entre le jeune Alain

3I4 1 A GUERRE De. CENT AN?.

LE MÉDECIN, à Du Gucscltit.

Monseigneur !

DU GUESCLIN. tombant sur un siège.

Ah ! c'est vrai, la fièvre me terrasse ! Allons, vieux corps usé, fais un dernier effort, Et que je sois debout pour attendre la mort !

Il se relève avec peine.

Olivier, à part.

Pauvre ami !

ALAIN, aidant Du Gueschn à si rasseoir. Seyez-vous. monseigneur, je vous prie.

DU GUESCLIN. assis, regardant Alain a: u '.en tresse.

Ah! c'est toi, mon Alain. Ta jeunesse fleurie M'est douce, ton regard naïf me fait du bien. C'est que, vois-tu! le vieux soldat, plus bon à rien, Dans le fond de son cœur à l'amertume en proie, Gardait encor l'espoir d'une suprême joie, O fils de mon ami, mon page familier, Celle de vivre assez pour t'armer chevalier.

ETILOGUE, SCENE I. 3I5

A Olivier.

Olivier, je le vois, c'était une chimère. A Alain, en l'embrassant.

Je t'aime, car je songe à ta vaillante mère, Puis à cet autre Alain, mon jeune compagnon, Qui te ressemblait tant et qui portait ton nom.

Rêveur, avec une profonde mélancolie.

Oh ! quel passé lointain, hélas! et que de tombes!

OLIVI ER.

Bertrand, secoue un peu la tristesse où tu tombes. Je ne reconnais point ton ancienne vertu. Courage !

DU GUESCLIN

Non ! je sens que c'est la fin, vois-tu ; Je manque d'air ici... Cette tente fermée M'étouffe... Ouvrez! ouvrez! Je veux voir mon armée!.

Les rideaux de la tente s'ouvrent largement au fond. On aperçoit le camp, et plus loin le château assiégé. Une foule de capitaines et d'hommes d'armes envahit le théâtre.

il6 LA GUERRE DE CENT AN?.

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