RAY MO M D
Vous partez! Qu'ai-je fait?
LA COMTESSE
Non ! je suis votre amie.
Mais nous avons failli commettre une infamie, Et la tentation était dans notre sein.
Je suis venue ici sans coupable dessein... Peut-être, je n'étais que folle, rien de pire ; Mais c'est comme un parfum d'honneur qu'on y respire. Vous ne le vouliez pas. ami! Sans le vouloir, Tout dans votre langage exprimait le devoir. Près de vous on devient meilleure tout de suite, Et c'est comme cela que vous m'avez séduite.
limon d.
Comment! je convertis L-s femmes! C'est très mal. Comtesse, je vous aime, et je suis immoral!
scè n e ii. 35
LA COMTESSE
Ne vous faites donc pas plus mauvais que vous n'ctes. Tout à l'heure — je lis dans vos bons yeux honnêtes - Je vous plaisais bien moins que dans ce moment-ci. Mais pourquoi m'avez-vous faite meilleure aussi ?
RAYMOND
Madame!...
LA COMTESSE
Je sais bien que je vous mécontente.
Mais sauver pour toujours une pauvre imprudente Qu'allait perdre un moment d'ennui capricieux, Cela ne vaut-il pas, mon ami, cent fois mieux Qu'un gros vilain remords dont le cœur s'importune, Voyons! et n'est-ce pas une bonne fortune?
RAYMOND
Non! vous convaincriez le Diable...
LA COMTESSE
Bravement Laissez-moi m'en aller dans mon bon mouvement.
R A Y MO N D
Rien qu'un instant !..,
3 6 LEREXDFZ-VOIS.
LA COMTESSE
Je sais le danger, si je reste; Et l'attendrissement peut devenir funeste.
RAYMOND
Croyez-vous m'apaiser avec ces mots trop doux?..
LA COMTESSE
Non... Et je pars, le cœur mieux disposé pour vous Et plus reconnaissant que je ne puis vous dire. Votre main! — Quittons-nous, ami, sur un sourire,
Raymond saisit la main de la Comtesse et la couvre de baisers. La Comtesse dégage doucement sa main et sort lentement en faisant à Raymond un signe qui le su} plie d'être calme.
SCEXE III.
RAY M O N D. seul, après un silence
Si le monde avait vu la chose, il rirait bien...
Bah ! Je reste honnête homme... Et l'on n'en saura rien.