‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 109 sur 160 · LA POESIE · texte numérisé non relu

LA POESIE

Oui, tous les arts humains, toutes les poésies Qui savent nous charmer

En mêlant la sagesse aux vives fantaisies, Le peuvent réclamer.

Il sut épanouir les brillantes peintures,

Filles d'un ciel serein, Et couler d'un seul jet d'immortelles figures

Dans un moule d'airain.

Sous les grands plafonds d'or il nous montre les rages

Des amours mensongers, Et nous fait voir après dans de frais paysages

L'idylle des bergers.

Mes sœurs, puis^u'en son œuvre où la pensée ondoie

Comme les vastes flots, Renaissent tour à tour l'ivresse de la joie

Et celle des sanglots,

Ne nous disputons pas sur le masque et la lyre,

Et que toutes nos fleurs Parent son monument : il eut le don du rire

Avec le don des pleurs !

Mais, reines du théâtre, ô troupe familière,

Laissons parler celui En qui, fils adoré des veilles de Molière,

Tout son génie a lui,

Alccste, ce sauvage à la fois rude et tendre,

Qui, les yeux éblouis Des seules vérités, les a fait même entendre

Au siècle de Louis!

Un jardin. — Les comédiens, sous les costumes des personnages des comédies de Molière, sont groupés autour de son buste. Un comédien, représentant Alceste, s'avance et récite les strophes suivantes :

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