ZEUS
Recevez mes suprêmes dons, A toi, prince des Myrmidons.
Les combats que nous décidons ; A toi, Thétis, la mer rebelle.
Les abîmes du flot béant, Le pouvoir de mettre au néant Les colères du flot géant...
ÉRIS, jetant la pomme d'or.
Et cette pomme à la plus belle!
LES DÉESSES, à Zeus.
C'est à moi, c'est à moi d'avoir le fruit doré. Sur ma tempe d'ivoire et mon bras adoré
La lumière rit et se joue.
L'or serre avec amour mes cheveux bien plantés, Et la pourpre divine aux plis ensanglantés
N'a jamais fait pâlir ma joue.
L'archer Éros lui-même loue Mes cheveux touffus qu'il dénoue,
Mon teint harmonieux doucement coloré Et mes pieds blancs qui sur le sable Font une empreinte insaisissable.
C'est à moi, c'est à moi d'avoir le fruit doré.
CYPRIS
Dans la nuit où le sang d'Ouranos abhorré
Souilla l'Océan vaste, Où Thétis dans ses bras, qu'en naissant j'honorai,
Me porta jeune et chaste,
^'ers Cypre aux bords charmants,que baignent de grands flots.
J'abordai solitaire.
Et tu vis sous mes pas le doux printemps éclos
Quand je touchai la terre.
Tu vis dans ces beaux lieux, d'où l'épouvante fuit
Sans que tu t'en irrites, Paraître le riant Éros, fds de la Nuit,
Et les blanches Charités.
386 LE SAN(i DE LA COUPE.
Et tu me dis : Leurs fronts sont semblables au tien.
Ne t'éloigne pas d'elles.
Sois Déesse! et reçois pour guide et pour soutien
Ces trois divins modèles.
La forme est ton empire, et tu conserveras La ligne humble et féconde,
Et tu tordras sans cesse, en élevant les bras, Tes cheveux sur le monde !