‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 119 sur 160 · PALLAS · texte numérisé non relu

PALLAS

0 mon père, Cjpris est née au sein de l'onde Vierge de pas humains,

Mais moi, je m'élançai de ta tête profonde, Un daive dans les mains.

Et je t'aidai pendant la guerre difficile

Contre les durs géants, A les précipiter sous les monts de Sicile

Pleins de gouffres béants.

Seule, parmi mes sœurs de la guerre alarmées,

Tu sais ce que je vaux, Et comme je contiens les phalanges armées

Et le frein des chevaux.

Quand le combat frémit, tu sais si je balance.

Ou si dans les sillons.

Les pieds sur les mourants, je verse avec ma lance

Le sang des bataillons.

Tu sais si, chérissant ma science rigide

Et ma virginité

Je les préserve encor de mon horrible égide Ainsi que ma beauté !

De nous tous les grands Dieux, toi le plus redouté

Sur les célestes cimes.

Toi qui, sur de la force et de l'impunité.

Accumules les crimes,

Kroniôn! oses-tu, sans donner leur essor

Aux suprêmes injures.

Hésiter à présent, et retourner encor

Le fer dans mes blessures?

Moi. reine des humains, moi du maître des Dieux

Et la sœur et l'épouse.

Je subis des mépris qui font horreur aux cieux :

Mais, ô fureur jalouse!

Peut-être qu'à la fin mon cœur qui saigne, hélas I

Et ma rage obsédée Trouveront le moyen de réduire Pallas

Comme Philomédée,

Celle qui le défend, et celle qui l'aida Dans ses amours indignes,

Et qui mit dans sa voix, pour égarer Léda, Le divin chant des cygnes!

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