AIMER LES PASSIONS NOBLES
Si vous avez quelque passion qui élève vos sentiments, qui vous rende plua généreux, plus compatissant, plus humain, qu'elle vous soit chère *.
Par une raison fort semblable, lorsque vous aurez attaché à votre service des hommes qui sauront vous plaire, passez-leur beaucoup de défauts ; vous serez peut-être plus mal servi, mais vous serez meilleur maître : il faut laisser
< GompArei àyec le 35* chap. de VlnirodÊieiiùm à la Connottsanee de VEïïprit humain (de VAmUié), — Voyez aussi ia &• Répexion de La Rochefoucauld (de la Société). —G.
•[Beau. — V.]
aux hommes de basse extraction la crdnte de faire vivre d'aatres hommes qui ne gagnent pas assez laborieusement leur faible salaire. Heureux qui teur peut adoucir les peines de leur condition ' 1
En toute occasion, quand vous vous sentirez porté vers quelque bien, lorsque yotre beau naturel yous sollicitera pour les misérables, hâtez-vous de vous satisfaire; craignez que le temps, le conseil, n'emportent ces bons sentiments, et n'exposez pas votre cœur à perdre un si cher avantage. Mon aimable ami, il ne tient pas à vous de devenir riche, d'obtenir des emplois ou des honneurs; mus rien ne vous peut empêcher d'être bon, généreux et sage. Préférez la vertu à tout : vous n'y aurez jamais de regret. Il peut arriver que les hommes, qui sont envieux et légers, vous fassent éprouver un jour leur injustice ; des gens méprisables usurpent la réputation due au mérite, et jouissent insolemment de son partage ; c'est un mal, mais il n'est pas tel que le monde se le figure; la vertu vaut mieux que la gloire \