‹ OEuvresChapitre 124 sur 286 · SUR LA JUSTICE · texte numérisé non relu

SUR LA JUSTICE

La justice ^t le sentiment d'une âme amoureuse de Tordre, et qui se contente du sien. Elle est le fondement des sociétés; nulle vertu n'est plus utile au genre humain ; nulle n'est consacrée à meilleur titre. Le potier ne doit rieii à l'aigle qu'il à pétrie, dit saint Paul ; Dieu ne peut être injuste; cela est visible; mais nous^n concluons qu'il est donc juste, et nous nous étonnons qu'il juge tous les hommes par la même loi, quoiqu'il ne donne pas à tous la même grâce; et, quand on nous^ démontre que cette conduite est formellement opposée aux principes de l'équité, nous disons que la justice divine n'est point semblable à la justice humaine. Qu'on définisse donc cette justice contraire à la nôtre ; il n'est pas raisonnable d'attacher deux idées différentes au même terme, pour lui donner tantôt un sens,

1 Nous aurions pu mettre ce fragment et les deux qui suivent dans les Rifiexiong tur diven sujets; mais comme ils sont évidemment écrits sous la même inspiration que le Traité sur le Libre arbitre, et se rattachent à la théorie de Vauvonargues sur la nécessité, nous avons cru devoir les laisser ici.— G.

tantôt un autre, selon nos besoins ; et il faudrait 6ler toute équivoque sur une matière de cette importance.

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