lls bas-fonds
[11 se trouve des homn>es qui ont pris le crime comme un métier; qui, cachés au fond des grandes villes, y composent comme un peuple à part, vivant sans règle, sans frein, sans crainte des Dieux; sur qui l'honneur ne peut plus rien , en qui ne reste aucun sentiment de honte ou d'humanité; malheureux que l'attrait du mal a entièrement abrutis, que la misère et le goût du plaisir ont voués dès leur enfance à l'infamie, et qui ne semblent être sur la terre que pour la perte ou pour l'effroi des autres hommes. Qui pourrait croire que ces misérables soient attachés aux obscures pratiques de leur vie, et à leur ténébreuse dépravation ? On leur dirait : Voulez-vous être bons, sortir de votre misère, et mener une vie moins troublée? ils abuseraient de ce support et de cette compassion, mais ils ne changeraient point. Nés dans la pauvreté, l'habitude les a dès longtemps endurcis contre tous les traits du malheur, et ils supportent sans peine' les extrémités les plus dures. On soupçonne à peine les excès où peuvent venir ces misérables, que les gens de bien redoutent, et qu'ils ne connaissent pas, quoiqu'ils vivent à côté d'eux; mais ceux que la curiosité ou la pitié ont mis dans ces tristes secrets, ne peuvent voir sans étonnement de si étranges désordres, de si profondes misères, et de si funestes courages.]