‹ OEuvresChapitre 200 sur 286 · théobalde, ou le Grimaud · texte numérisé non relu

théobalde, ou le Grimaud

[Théobalde a vieilli dans Tart pénible de faire des vers médiocres ; c'est le seul art qui existe à ses yeux ; les sciences

* Théobalde^ c*e8t encore Eumolpe, mats moins Hdicale, etplusméchant.-^G.

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et ceax qui les ont illustrées n*entreDt point dans son coRipte, et il a pour tout ce qu'il ignore ce mépris stupide, qui est la marque infaillible d'un esprit étroit \ Son incapacité pour les affaires, le désordre de sa fortune qui en eet la suite, Tont réduit à d'extrêmes besoins, et Font aigri contre toas les bommes; il se plaint qu*il n*a point d'amis, et, du fond de sa misère, il jette un regard plein de haine sur tous ceux qui font leur fortune ; ainsi, le chagrin et l'envie implacable rongent son cœur et empoisonnent ses jours. Complaisant ou calomniateur, selon le besoin, il déchire, dans des satires qu'on ne lit point, ceux qu'il a inutilement loués dans ses épttres; c'est lui qui est l'auteur ou Tentremetteur des libelles qu'on fait, de temps en temps, contre Virgile. Mais la méchanceté de ses écrits n'a pu même les mettre en lumière ; à peine ils ont occupé pendant quelques jours la curiosité ou l'ennui des lecteurs oisifs, et ils ont aussitôt disparu dans l'ombre et dans le décri qu'ils méritent. Peu de gens savent son nom ; il mourra dans l'obscurité à laquelle sa médiocrité lecondamne, pauvre, délaissé, méprisé, comme il a vécu, mais aussi peu désabusé de la persuasion de son mérite, que de sa sourde colère contre le mérite des autres. Rien ne restera de lui, et l'exemple même de sa triste folie sera perdu pour les hommes, car il sera bientôt enseveli avec sa mémoire.]

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